Amour et liberté, est-ce paradoxal ? Peut-on aimer sans pour autant renoncer à sa liberté ?
Il y a une chanson qui comporte un élément paradoxal et qui nous invite à une réflexion philosophique, une chanson philosophique dans son titre même : Ma liberté. Cette chanson de Georges Moustaki, interprétée par Serge Reggiani, en 1967, nous raconte, lorsqu’il la chante, pourquoi il était attaché à sa liberté, pourquoi il la gardait jalousement, pourquoi il a tout quitté pour la préserver et comment, un jour, il l’a sacrifiée. Tout le paradoxe de la chanson, sa profondeur philosophique est de dire qu’il renonça librement à sa liberté pour entrer dans la servitude volontaire de l’amour : sa liberté pour « une belle geôlière ».
« Ma liberté, pourtant je t’ai quittée une nuit de décembre pour une belle geôlière » (Serge Reggiani)
« Une belle geôlière » d’amour à laquelle, donc, il sacrifia sa liberté. C’est un modèle en quelque sorte de paradoxe de la relation entre la liberté et l’amour qui traverse aujourd’hui toutes nos sociétés. La revendication de cette chanson, c’est en effet, le consentement amoureux à vivre avec l’autre, le consentement à partager, concilier, discuter, voire à se soumettre à la volonté d’autrui par l’amour. L’amour est-il un contrat ? Puis-je donner ma liberté et la reprendre ? Puis-je soumettre les relations amoureuses à quelque chose comme un consentement ? Les relations de pouvoir au sein de l’amour nous amènent-elles à le contredire ? Certains le pensent, au nom de cette demande de consentement. L’amour est-il envahi par cette revendication de liberté ? Et derrière la beauté de cette prison volontaire, amoureuse, grand thème romantique et littéraire, n’y a-t-il pas cette contamination de l’amour par la liberté ? (…) Un podcast de Radio France de 3′
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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