Expliqué par Francine Baraban
LE TRIANGLE DRAMATIQUE ou triangle de Karpman
Ce triangle dit dramatique est une des bases de jeux psychologiques décrits en Analyse Transactionnelle. Les jeux psychologiques pouvant être dramatiques jusqu’à entraîner la mort. Ici on joue à deux mais comme dans la plupart des jeux il y a un gagnant et un perdant. Donc il y a trois pôles dans lesquels une personne va passer successivement.
Le pôle du sauveur, celui du persécuteur et celui de la victime. Chacun de nous, en fonction de son histoire ( pour obtenir l’attention et donc l’amour de sa mère ou figure maternelle ) se situe dans un pôle :
LE SAUVEUR
Si enfant on nous a laissé croire que nous pouvions « sauver »notre mère, de l’ennui, de la dépression, de l’immaturité, de la mésentente dans le couple etc.. Le sauveur, peut entretenir consciemment ou inconsciemment celui qu’il veut sauver dans sa posture de victime pour exister. Car le sauveur perd son influence lorsque la victime retrouve son autonomie. C’est pourquoi certains sont très enclins à vouloir sauver l’autre à tout prix.
LE PERSÉCUTEUR
Si enfant nous avons dû « persécuter » notre mère pour obtenir la satisfaction de nos besoins comme par exemple hurler, pleurnicher, tirer sur sa jupe, ne pas dormir etc…, bref, un petit tyran. Dans le triangle de Karpmann, la victime de l’un devient rapidement le bourreau de l’autre. Et le sauveur de l’un prend à son tour un rôle de victime. Pour nous affranchir du triangle de Karpmann, nous devons déjà bien en comprendre le fonctionnement du trio en mouvement.
LA VICTIME
Si enfant nous avons vécu de la maltraitance quelle qu’elle soit. Une maltraitance parfois sournoise et indirecte, corporelle certes mais surtout psychologique. Or le Sauveur et le Persécuteur ne pouvant exister que parce qu’il y a une Victime vont se mettre en devoir d’en chercher une. Et la Victime va chercher son Persécuteur – victime / bourreau – et son Sauveur pour pouvoir jouer et donc exister. A savoir que chacun va passer dans les trois pôles afin de jouer au mieux.
La Victime pouvant persécuter et le Persécuteur pouvant être Victime.
Idem pour le Sauveur pouvant être Persécuteur et passer Victime.
Les Jeux
De nombreux jeux ont été nommés par Éric Berne ( créateur de l’Analyse Transactionnelle/ AT ), dans son livre « Des jeux et des hommes », tels « pauvre de moi » victime. « Cette fois je te tiens salaud » persécuteur , « Oui mais » persécuteur. Le « oui mais » voulant dire non et « vas te faire foutre » . Un excellent film « Oui mais » avec Gerard Jugnot nous parle de ces jeux.
Les victimes, qui souffrent de harcèlement, ou d’abus de pouvoir sont généralement impliquées dans ce triangle dramatique. Elles ont besoin, pour s’en sortir de comprendre et d’analyser ce triangle avant de retrouver leur autonomie. A savoir que c’est LA VICTIME QUI A LE POUVOIR . S’il n’y a plus de Victime, il n’y a plus de jeu, et donc plus de place pour le Sauveur ni le Persécuteur.
On ne peut sauver personne.
Chacun est responsable de sa vie et de sa santé.
Il y a une grande différence entre vouloir sauver et aider ! …
Francine Baraban
