Un podcast de Radio France (7′)
En 2021, les pensées suicidaires des 18-24 ans ont été multipliées par deux et plus de 9% d’entre eux ont déclaré une tentative de suicide. Un chiffre bien au-dessus de la moyenne nationale, qui s’élève elle à 6,8%. Comment comprendre les raisons de ce mal-être ?
Un âge de transformations
Les chiffres sur le mal-être des jeunes s’expliquent d’abord par la période de vie qu’ils traversent. Le passage de l’adolescence à l’âge adulte est un moment de grande fragilité psychique confirme Marie-Rose Moro, professeure psychiatre de l’enfant et de l’adolescent à l’Université Paris Cité, et cheffe de la maison des adolescents de Cochin. “C’est toute cette période de 14-15 ans jusqu’à 21 ans qui est particulièrement délicate. Il faut se construire, trouver les valeurs qui nous portent et nous tiennent en vie, qui nous donnent envie d’agir sur le monde et de construire son propre destin. Ce passage est aussi celui de transformations importantes, qu’elles soient corporelles, psychologiques, de notre mode de vie ou de notre rapport au monde. Les adultes, la société, les institutions telles que l’école, l’université ou les lycées, doivent accompagner ces transitions.”
Ouverture de maisons des adolescents
Face aux alarmes des professionnels et à l’augmentation notoire de la phobie scolaire, Gabriel Attal a annoncé l’ouverture d’une maison des adolescents par département dans son discours de politique générale. Marie-Rose Moro, cheffe de la maison de Solenn à Cochin, souligne l’importance de ces centres pour les jeunes en détresse. “Ce sont des lieux ressources, des lieux spécifiques dédiés aux adolescents où l’on va mettre à leur service l’ensemble des disciplines nécessaires à leur bien-être et à leur santé. Dans ces espaces, les adolescents, leur famille, mais aussi les professionnels qui s’occupent d’eux, doivent pouvoir venir pour évaluer et trouver un projet adapté pour chaque adolescent. Il s’agit aussi de réduire les temps d’attente. Lorsque les jeunes sont désespérés, et que nous les mettons sur une liste d’attente de six mois, leurs idées noires auront évoluées entre-temps et ils se retrouveront dans une souffrance structurée. Il nous faut donc des lieux dédiés à leur accompagnement et où l’on expérimente des manières de faire qui leur correspondent.”