Cette série aborde la question de la sexualité de façon explicite et parfois crûe, elle n’est pas destinée à toutes les oreilles, les plus sensibles peuvent donc s’abstenir
Nous sommes de plus en plus nombreux.ses à ne plus avoir d’activité sexuelle, soit parce que nous sommes empêché.es, soit parce que nous ne sommes plus intéressé.e.s. Et cette absence de sexualité est un des grands tabous de nos sociétés : on n’en parle pas !
Dans un contexte culturel régi par une omniprésence de représentations érotisées, cesser la sexualité revient à s’exclure d’une norme et de tout un système codifié. Tant que nous faisons partie du jeu, nous ne nous en rendons pas réellement compte. Ce n’est qu’une fois abstinent.e.s que toute l’absurdité de nos codes sociaux nous saute aux yeux : pourquoi mettre une femme nue pour nous vendre un yaourt ? Pourquoi mimer une fellation dans une publicité pour des cônes glacés ? Arrêter la sexualité permet de se rendre compte à quel point celle-ci est partout, et souvent là où on ne la voit plus : elle façonne nos imaginaires, code notre morale, structure nos rapports sociaux, pose des problèmes politiques. La sortie de la sexualité, qu’elle soit volontaire ou contrainte, permet d’en prendre la mesure et provoque inévitablement dans nos vies des bouleversements inattendus. Pour le meilleur et pour le pire.
Une série d’Ovidie et Tancrède Ramonet, réalisée par Séverine Cassar
Épisode-1: Sexualités empêchés (40′)
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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