Les nouveaux dossiers thérapeutiques: @02. Le déconfinement enfin! Entre peur et libération.Quelle attitude choisir ?

Le déconfinement est l’occasion de transformations.
Rien n’est permanent ! C’est bien la seule chose dont nous sommes sure. Et cette vérité peut déclencher en nous, une peur incontrôlable et irraisonnée. Toutes modifications de notre environnement et de nos habitudes entrainent des changements dans nos comportements et parfois même les révèlent. Savoir cette vérité devrait nous apaiser. Mais nous préférons parfois ne pas la voir, ne pas l’entendre, et ne rien dire. Pour finir par ne pas agir.
Certes les réactions face aux événements qui perturbent notre quotidien sont différentes selon les patients. Ce que nous savons c’est que l’être humain, lorsqu’il subit un évènement traumatique est sujet à des étapes psychologiques successives dont la durée dépend du patient.
Le premier stade, celui de l’inquiétude. A l’annonce d’un changement inévitable de notre quotidien, les questions surgissent. Et comme les réponses sont incertaines, l’inquiétude grandit. Et c’est une réaction tout à fait normale. L’anxiété augmente et les comportements surcompensatoires, comme faire des stocks alimentaires, ne se contrôlent plus.
Ensuite, le stade de la rébellion. Nous n’aimons pas rester sans réponse et donc dans un futur incertain. L’incertitude du présent et l’absence de connaissance de notre futur nous fait peur. Nous nous agitons car nous n’acceptons pas la situation imposée qui est source de grandes incompréhensions et de frustrations. Nous pouvons même aller jusqu’à provoquer les mesures mises en place, comme les gestes barrières, pour exprimer notre désarroi. Avec le temps, nous devrons nous rendre à l’évidence que la situation est réelle et c’est à ce moment que nous passons au stade de l’acceptation. C’est un stade où les inquiétudes sont acceptées et nous donnent même de la puissance. C’est un sentiment qui se révèle à nous quand nous commençons à trouver du bénéfice dans cette situation exceptionnelle et nouvelle. Exemple de bénéfices, le télétravail qui permet d’éviter des heures de transport pour aller travailler.
Enfin le stade de la remise en question et de la liste de projets à mettre en place après le confinement. Ce stade permet d’intégrer que les situations de notre vie ne sont que des passages et de passer au peigne fin nos habitudes privées et professionnelles d’avant virus. Que cette situation de frustrations n’est que passagère. Alors il sera plus aisé de se fixer des projets privés et/ou professionnels évolutifs à son propre rythme. Et pour les rendre plus concrets en période de pré-déconfinement, vous pouvez les lister, les parler à votre entourage, vous renseigner puis les conceptualiser étapes par étapes. Ainsi vous serez prêt le déconfinement une fois arrivé pour un quotidien choisi et nouveau.
Vous constatez que cette période exceptionnelle et tout de même traumatisante, peut-être, une fois le stade de la panique et du désarroi passées, déclencheur de renouveaux. Elle peut-être l’occasion d’envisager de nouveaux projets de vie privée et professionnelles souvent remis à plus tard faute de temps et de les mettre en oeuvre. C’est l’occasion rêvée de repenser sa vie et prendre soin de soi.

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MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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