Les nouveaux dossiers thérapeutiques: @14. « Nous entrons dans un isolement où nous confondons, la connexion avec le lien. »

C’est en quelques mots, le contenu de la réflexion de Francois Saltiel. Recueilli par Marie Astier, cet article à lire ici, nous interpelle dans nos choix de vie et notre manière de rentrer en relation. Les expériences, que nous vivons depuis un an avec la COVID-19, comme le confinement et le couvre-feu, nous obligent à passer de plus en plus de temps en compagnie de notre ordinateur, pour travailler, se divertir et communiquer. Ces nouveaux comportements, dessinent des modes de vie et de relations pour le futur qui m’interrogent. Sous prétexte de modernité, appuyé par le contexte de pandémie actuelle, il y aurait une croyance que le tout numérique est l’avenir.

Cet article m’interpelle dans ma pratique future de consultation psychothérapeutique. En effet, en début de confinement j’écrivais un article à lire ici, où je décrivais les avantages d’une pratique mixant la consultation en cabinet et la visio-consultation via Skype ou Zoom. J’y écrivais que pour une thérapie réussie, la rencontre entre le patient et le thérapeute était plus importante que le lieu. Or aujourd’hui je constate qu’une petite partie de ma clientèle qui trouvait du confort dans la viso-consultation depuis le début du COVID-19, exprime maintenant leur volonté d’une consultation en présence. Cette manifestation, même minime, m’interroge. Avais-je moi aussi confondu « le lien avec la connexion » ?

Les propos de François Saltiel, entrent en résonance avec mon souhait de toujours veiller aux conditions d’accueil de ma clientèle. Je partage mon constat avec mes collègues et me documente, en France comme à l’étranger, pour trouver des solutions adéquates. Je me questionne sur la pertinence à long terme et l’avenir professionnel de ma pratique à distance pour certains clients et pathologies. Comme à chaque changement de paradigme, il est nécessaire de trouver de nouveaux outils et d’adapter ou éliminer ceux qui se révèlent ne plus fonctionner. Cette réflexion ne fait que commencer !

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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