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LNDT: @227. Sexualité post-MeToo : les Français font de moins en moins l’amour, mais « mieux »

Un podcast de Radio France de 4′

De plus en plus de Français déclarent ne pas avoir de rapports sexuels selon une étude de l’Ifop. Cela concerne notamment les jeunes de 18 à 24 ans : plus d’un sur quatre n’a pas fait l’amour cette année. Une baisse en quantité au profit de relations choisies et plus qualitatives.

Les Françaises et les Français font de moins en moins l’amour. C’est ce qui ressort d’une étude de l’Ifop pour la marque suédoise de sextoys Lelo parue le 6 février 2024. Cette étude montre qu’un Français sur quatre – parmi ceux ayant déjà fait l’amour – n’a pas eu de rapport sexuel au cours des 12 derniers mois. Un chiffre en forte augmentation puisqu’en 2006 cela concernait plutôt un Français sur dix.

Pour arriver à ces résultats, l’Ifop a interrogé près de 2.000 personnes majeures de France métropolitaine représentatives de la population générale entre le 29 décembre 2023 et le 2 janvier 2024.

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Non-bacheliers, chômeurs et Parisiens sont moins actifs sexuellement

L’étude met en lumière une sexualité différente selon les milieux sociaux. Le nombre de personnes n’ayant pas fait l’amour ces 12 derniers mois est plus important chez les personnes n’ayant pas le bac, et diminue avec le niveau d’étude. C’est 33% des non-bacheliers qui n’ont pas fait l’amour ces 12 derniers mois, contre 17% des personnes ayant fait des études dans le supérieur.

L’inactivité sexuelle est aussi plus élevée chez les personnes habitant en région parisienne (33%), que chez les non-franciliens (22%). Cette absence de relations sexuelles se retrouve aussi davantage chez les hommes au chômage, qui sont 36% à ne pas avoir fait l’amour ces 12 derniers mois, contre seulement 16% des salariés et chefs d’entreprise. Une différence moins marquée chez les femmes chômeuses.

Baisse du sexe chez les 18-24 ans : une génération libérée des injonctions

En 2006, seule une personne interrogée sur 20 disait ne pas avoir fait l’amour au cours de l’année passée, et ce pour tous les adultes de moins de 50 ans. Mais aujourd’hui, cette inactivité sexuelle a été multiplié par six chez les 18-24 ans et par trois chez les 35-49 ans. Parmi les tranches d’âges délimitées par l’étude, seuls les 25-34 ans ne sont pas touchés par cette hausse de l’inactivité sexuelle.

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Derrière ces chiffres s’esquissent des tendances sociétales. Là où les générations des années 70 et 80 étaient celles de la libération sexuelle, la génération Z des 18-24 ans d’aujourd’hui « est beaucoup plus déconstruite sur les normes de genre, et sur les différentes formes d’injonctions qui pèsent sur le corps et l’intime » analyse François Kraus, directeur du pôle Politique et actualités de l’Ifop.

Une approche du sexe post #MeToo, « plus qualitative que quantitative »

Selon François Kraus, cette baisse est liée à une « révolution sociétale » qui donne une place centrale à des notions comme le consentement ou le désir. Le chercheur parle aussi d’un « effet MeToo » : « Il est beaucoup moins acceptable de se forcer pour faire plaisir à un partenaire »« Je pense qu’on est passé d’une époque d’hypersexualisation, où il fallait multiplier les performances, les partenaires et les pratiques, à aujourd’hui une approche plutôt qualitative que quantitative » ajoute-t-il.  De nos jours, « on n’est pas obligé d’avoir une vie sexuelle intense ou trépidante pour réussir son couple ».

À écouter : Sommes-nous rentrés dans l’ère de la récession sexuelle ?

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En parallèle, l’évolution des conditions matérielles pour les femmes au sein des couples explique aussi cette baisse de la sexualité : « Les femmes sont beaucoup plus autonomes financièrement que par le passé » explique François Kraus. « Donc elles ne se sentent plus obligées d’avoir des rapports, dans ce qui constituait par le passé une forme d’économie du couple où le sexe était une forme de dû dans le contrat conjugal ».

Autre signe de cette évolution vers des relations de qualité, l’abstinence sexuelle provoque très largement un besoin affectif plutôt qu’un manque sexuel. Ainsi chez les célibataires sans activité sexuelle, ce sont avant tout les câlins et la tendresse qui manquent, pour 86% d’entre eux. Pour les 14% restants, c’est plutôt le sexe.

Derrière ces chiffres, il existe toujours des différences dans le rapport à la sexualité entre les femmes et les hommes. Si 54% des femmes pourraient continuer à vivre avec quelqu’un sans rapports sexuels, c’est seulement le cas de 42% des hommes. Pareillement, 69% des femmes, contre 48% des hommes, ne vivent pas difficilement l’absence de rapports sexuels.

Écrans, plaisir en solitaire : les autres raisons de cette baisse

Ce recul de la sexualité peut-être lié à plusieurs phénomènes avance l’Ifop. D’abord, la place des écrans, puisque près d’un français sur trois a déjà évité un rapport sexuel au profit d’un loisir numérique (série, lecture d’un article, jeux vidéos, etc). Ensuite, la concurrence du plaisir en solitaire. Plus d’un Français sur trois a également déjà évité un rapport sexuel car il savait qu’il aurait davantage ou plus facilement du plaisir en se masturbant.

Cette étude permet également de mesurer le nombre de personnes asexuelles, soit « un individu qui ne ressent pas d’attirance sexuelle pour autrui et ceci de manière constante – ce n’est pas un manque d’attirance occasionnel – et de façon involontaire« . Plus d’un Français sur dix -12%- dit se considérer asexuel. Cela concerne 15% des femmes, contre 9% des hommes.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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