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LNDT: @228. Pourquoi ment-on dans le couple ?

Un podcast de Radio France de 51′

À quoi sert le mensonge dans le couple ? Faut-il tout se dire, sur tout, tout le temps ?

Pourquoi ment-on dans le couple ? Qu’est-ce qui pousse à ne pas dire la vérité, même quand ce n’est pas grave ?

Les raisons sont nombreuses de mentir, par omission, pour éviter un conflit, une émotion désagréable, pour obtenir quelque chose, pour se protéger ou encore pour cacher un acte que l’on n’assume pas.

La franchise, la transparence sont-elles vraiment le ciment du couple ? À partir de quel moment les mensonges répétés corrodent-ils la relation amoureuse ? Quels sont les mensonges acceptables et ceux qui sapent la conjugalité ? Et puis faut-il mentir sur la qualité des relations sexuelles dans le couple, avec la question de la simulation de la jouissance ?

Éléments de réponse avec nos expertes. Et vous, vous êtes-vous plutôt adepte de la transparence absolue ou des petits mensonges au sein de votre duo amoureux ?

Le mensonge est omniprésent

Le nuancier du mensonge dans le couple est très large, de la petite cachotterie, sans conséquence à priori, à la grande trahison, en passant par le mensonge par omission pour ne pas blesser l’autre. Cela va des mensonges les plus futiles aux plus toxiques.

Cécilia Commo, psychanalyste, sexologue et thérapeute de couple, va se charger dans l’émission de défendre le mensonge, et de lui trouver des vertus. Elle pense que le mensonge est quand même omniprésent dans les relations de couple, à l’insu du plein gré des membres, c’est-à-dire que les gens s’en défendent beaucoup, mais pour elle, s’ils pouvaient noter toutes leurs interactions de la journée, ils se rendraient compte qu’ils ne sont pas dans une parfaite franchise et une absolue vérité.

La vérité est parfois difficile à dire et le mensonge peut aussi être la solution de facilité. Il faut en tout cas distinguer les mensonges par omission, les falsifications, les gros mensonges, l’infidélité ou le petit mensonge sur ce que l’on a mangé.

Pour quelles raisons ment-on dans un couple ?

Certains mensonges ont pour finalité de se protéger soi, quand d’autres ont pour finalité de protéger l’autre. Camille Rochet, psychologue, pense qu’il y a quand même une question importante à se poser sur l’intention : qu’est-ce que je cherche à éviter ou qu’est-ce que je cherche à ne pas faire à partir du moment où je mens ? Regarder le mensonge comme un symptôme, c’est aussi regarder ce qui se joue dans le nous du couple, dans la relation. Quelques explications :

– Protéger la sensibilité, voir la susceptibilité de l’autre

On appelle ça les mensonges blancs. Cela ne veut pas dire que ça ne s’interroge pas, parce que cela peut quand même être un frein de devoir filtrer en permanence ce qu’on dit pour protéger quelqu’un dans sa sensibilité ou sa susceptibilité. Cela peut empêcher les informations de circuler. La grande majorité des mensonges serait quand même pour éviter un conflit ou une conversation difficile.

– quand on est égoïste

C’est un des vrais motifs de mensonge dans le couple, de cacher le fait qu’on n’a pas pensé à l’autre. Par exemple, on a fini la mousse au chocolat qui était dans le frigo mais on ne le dit pas.

– cacher des côtés honteux de soi-même ou un secret

Cela peut être pour préserver un secret, quelque chose qui nous appartient dans notre vie d’avant par exemple et qu’on n’est pas obligé de révéler.

– Une volonté de contrôle

Cela peut rassurer d’avoir ce contrôle-là quand au contraire parfois on demande à l’autre une grande transparence.

Les mensonges, le signe d’un problème ?

Pour Cécilia Commo, il y a un côté très ordinaire finalement au mensonge qui est omniprésent et qui ne signe pas forcément des relations déséquilibrées ou dysfonctionnelles, mais des relations qui fonctionnent de manière tout à fait normale. Elle ajoute que le mensonge est jugé car répréhensible d’un point de vue moral. Elle cite des études selon lesquelles on mentirait au moins une fois par jour, et cela peut aller jusqu’à 40 ou 50 fois, sans même parfois que l’on s’en rende compte.

Pour Camille Rochet, psychologue, cela peut tout de même être un problème, comme elle l’explique : « J’en viendrai quand même au fait que la solution de dissimuler n’est quand même pas une solution. On ne règle pas le problème, on évite un problème. Ces couples qui s’habituent à ça en arrivent à des relations vraiment de soumission et domination. En ne disant pas les choses, j’évite que tu me domines, mais en fait en ne disant pas les choses, je te laisse aussi continuer et penser que tu as le pouvoir sur la relation. Donc il y a une espèce de jeu de pouvoir. »

En cas d’infidélité

Cécilia Commo nous indique qu’il faut réfléchir à la raison pour laquelle on parlerait d’une infidélité : « La première question que je pose souvent aux gens, c’est le motif. Pourquoi ils le diraient ? Parce que quand on le dit, c’est qu’on cherche quelque chose. On cherche à débloquer quelque chose, on cherche à révéler quelque chose. Ça peut être très intéressant, mais il faut qu’il y ait un motif qui ouvre sur des possibilités. Or, finalement, souvent, c’est pour se soulager, c’est par culpabilité, ce n’est pas pour construire autre chose à côté. Donc ça, c’est la première question, d’informer et de demander aux gens de s’interroger, de prendre le temps avant d’aller parler de ça et de détruire la personne en face. Il faut que ça produise quelque chose de positif. Et s’ils ne sont pas certains des motivations qu’il y a derrière, qu’ils prennent un petit peu plus de temps pour y réfléchir. »

Pour Camille Rocher, mieux vaut ne pas mentir mais ne pas rentrer dans les détails non plus : « Je vois tellement de gens qui vont dans des hôpitaux psychiatriques, des personnes qui sont rentrées dans des maladies mentales parce qu’on leur avait trop menti. C’est un extrême, certes, mais attention, quand je dis moi-même que ‘je modifie un peu notre contrat de base, je ne te le dis pas parce que les conséquences pourraient être importantes. Je te prive de ta liberté’, et à partir du moment où l’autre le découvrir, on l’a privé de sa liberté. Et d’ailleurs, c’est ce qui est dit, ce que j’entends, au quotidien dans mon cabinet. ‘Au-delà de l’infidélité, le pire c’est ton mensonge, de me dire que tu m’as fait croire que t’étais un week-end en séminaire, etc. En fait pas du tout.’ Il faut que l’esprit se refasse tout un scénario qu’on n’avait absolument pas envisagé. ‘Tu m’as privé d’une période de ma vie en fait.’ Et les conséquences sont hyper lourdes. Alors oui, ne pas tout dire non plus, évidemment. »

-> Pour en savoir plus, écoutez l’émission…

Les invitées

Camille Rochet : psychologue, diplômée de l’École de Psychologues Praticiens de Paris. En parallèle de ces activités, Camille tient depuis 2011 le blog « Anoustous », qui traite au jour le jour de tous les sujets qui peuvent aider le couple, la famille et l’individu, dans l’optique de permettre une approche simple de la psychologie. Livre : Les 5 croyances qui empêchent d’être heureux en coupl e – Larousse 2022

Cécilia Commo : psychanalyste, sexologue et thérapeute de couple. Elle assure la prise en charge des couples et des adultes qui rencontrent des difficultés dans leur vie personnelle, leur vie sentimentale et/ou sexuelle dans son cabinet à Paris*. Son site,* sa chaîne Youtube. Livre : Le couple parfait n’existe pas , Éloge de l’imperfection amoureuse – Flammarion 2022

Cécile Gueret : psychopraticienne en gestalt-thérapie à Tours. Elle est également journaliste spécialisée en psychologie et animatrice des interviews « Rencontres Auteur » Cairn.Info. Livre : Aimer, c’est prendre le risque de la surprise. Éloge de l’inattendu dans la rencontre amoureuse – Albin Michel 2020

Gwenaëlle Boulet : “Ma vie de parent”

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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