LNDT: @32. « Conflit Ukrainien: il est important d’aborder le sujet avec ses enfants »

INTERVIEWÉ DÉBUT AVRIL PAR LE QUOTIDIEN « VAUCLUSE MATIN », au sujet de l’importance d’aborder le sujet de la guerre en Ukraine avec les enfants, vous trouverez ci-dessous l’intégralité de mes réponses.

LE CONFLIT EN UKRAINE, PEUT-IL IMPACTER NOS ENFANTS ?

Il ne faut pas sous-estimer les répercussions, sur nos enfants, des événements qui se produisent dans le monde. Angoissantes pour nous adultes, ces informations le sont aussi pour les enfants. La guerre en Ukraine se rajoute aux actualités anxiogènes de ces dernières années (terrorisme, catastrophes naturelles, crise sanitaire). Votre enfant ou adolescent ne comprend peut-être pas mais peut tout de même être effrayé et se demander si lui ou ses proches sont en sécurité. Sentiment d’insécurité aggravé par la couverture médiatique et l’accès facile aux médias mais qu’il peut aussi ressentir par vos changements d’attitude.

QUELS SONT LES SIGNES QUI PEUVENT ALERTER ?

En tant que parents et dans ce contexte anxiogène, il existe des indices qui peuvent nous alerter: tout d’abord et pour exemple, des sautes d’humeurs inexpliquées, et en fait explicables, car dues justement à l’impact de la guerre en Ukraine, des pertes urinaires inhabituelles, sucer son pouce plus que d’habitude, demander plus de câlins ou bien se mettre en retrait, avoir des problèmes pour s’endormir, une perte de l’appétit…

QUAND LES ENFANTS POSENT DES QUESTIONS, COMMENT RÉAGIR ?

Il est important d’aborder le sujet avec ses enfants. En restant calmes et en les aidant à comprendre leurs réactions et leurs sentiments, les parents participent à rassurer petits et grands. Il s’agit de montrer que vous prenez en compte ses ressentis et ses inquiétudes. Que vous êtes ouverts à la discussion. . Pour digérer ce qu’ils peuvent voir et entendre, ils ont besoin de calme et de votre disponibilité. Ils doivent sentir qu’ils peuvent compter sur vous à tout moment. Aborder le sujet, c’est dire les choses telles qu’elles sont, avec des mots et des images adaptés à leur âge. Nul besoin de grandes explications, au moins en ce qui concerne les plus jeunes. L’idéal est d’attendre leurs questions pour ne pas trop les submerger d’informations. Vérifiez comment votre enfant comprend l’évènement et comment il se sent. Faites en sorte de limiter le temps d’écran bien sûr et aussi d’éviter, devant eux, de parler entre adultes de la guerre.

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MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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