Un podcast de Radio France de 55′
La transmission intergénérationnelle de certains traumatismes vécus par nos ancêtres se fait, non pas seulement par la connaissance ou l’intuition que nous en avons, mais aussi par l’intermédiaire d’une empreinte, une sorte de cicatrice biologique qui se perpétue au cœur même de nos cellules.
Avec
Cette découverte fondamentale qui met à jour le lien entre ADN et mémoire ancestrale doit tout à une science encore nouvelle, l’épigénétique. En grec, épi veut dire « en plus », « au dessus ». L’épigénétique, c’est donc la science de ce qui complète la génétique. Il nous faut remonter le temps, pour un voyage au fil des générations, sur les traces des traumatismes de nos pères et de nos mères, et de leurs ascendants. Dans cette traversée, il sera question de l’ADN, de la réconciliation d’Alice et de Léa, mère et fille, toutes deux victimes d’une tragédie familiale, mais aussi de l’odeur du café et du pain grillé. L’écrivain William Faulkner nous rappelait déjà, dans son livre « De bruit et de fureur », que » Le passé n’est jamais mort, il n’est même pas passé », réflexion qui peut faire penser à Nietzsche et son « concept » de l’éternel retour. Cette épisode montre comment ces blessures anciennes et ces secrets de famille influencent la façon dont s’expriment, ou au contraire se taisent, certaines régions de notre propre ADN, un peu comme si elles demeuraient inscrites dans une sorte de livret de famille cellulaire car l’épigénétique nous révèle que nos ancêtres, bien au-delà de leurs portraits sépia, laissent une empreinte indélébile dans la façon dont nos gènes s’expriment ou se taisent.
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Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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