Les nouveaux dossiers thérapeutiques: @01. Une histoire de couple

« Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ! »

CHAPITRE-1. « ILS SE MARIÈRENT ET EURENT BEAUCOUP D’ENFANTS« 

Cette épopée était celle du prince charmant ayant bravé tous les dangers pour embrasser sa promise. A la fin, bras dessus, bras dessous, ce couple devenait le symbole de l’amour toujours vainqueur ! Et le mot FIN venait confirmer que plus rien ne pouvait leur arriver par la suite. Il devenait donc évident pour nous tous que connaître la suite n’était pas très important car nous pensions que celui et celle qui passent avec succès de telles épreuves peuvent faire face à toutes les autres et notamment celles qui ne manqueront pas de se présenter après l’union. Bercés par ces croyances nous grandissions, filles et garçons, sans jamais demander  des nouvelles de ce couple exemplaire pour toujours dans notre mémoire. Pas une seule fois une question. Et lorsque plus tard, notre puberté venait à nous visiter, c’est sur ce modèle que nous cherchions à réaliser l’union parfaite. Il était claire que pendant le temps de la conquête de sa bien aimée, le héros du conte se devait de parcourir tout un chemin initiatique, traverser des obstacles qui remettaient en question ses habitudes et enfin rencontrait une série d’épreuves qui lui permettaient de surmonter ses points faibles et de révéler ainsi ses capacités. C’est une fois rempli des valeurs de bravoure et de détermination, de courage et de motivation que notre fier Artaban aura accès à sa promise puis à un bonheur mérité à deux. 

Vous l’avez peut-être remarqué dans cette description, la princesse est l’objet de la conquête de l’homme. La femme désirée et passive était à une époque pas si lointaine encore la référence féminine. La femme en couple n’avait plus d’existence et dépendait pour vivre de son mari. Les tâches au sein du couple étaient “genrés”. L’homme dominant était courant. Ors aujourd’hui et depuis quelques dizaines d’années, ce “style romantique” est souvent remis en cause par la volonté des femmes elles mêmes. Leur émancipation ne peut plus s’arranger d’une femme passive. Qu’elles aient 20, 30, 40 ans, la femme d’aujourd’hui se bat pour être une femme émancipée, autonome, créatrice, capable et novatrice. Même si la “femme objet”  a encore ses adeptes chez certains hommes et certaines femmes, ce modèle, il faut l’avouer est de moins en moins courant. Le couple est aujourd’hui protéiformes et donc il n’existe pas comme autrefois, qu’une seule solution pour le pérenniser. Face à l’émancipation des femme, l’équilibre du couple contemporain s’en trouve complètement chamboulé. La femme, dans le couple, se livre à une bataille en règle de ce qui l’entrave. Et c’est pourquoi le couple actuel doit trouver de nouveaux repères pour s’accorder. C’est même une véritable révolution. Et cette révolution doit se faire à deux ou elle ne sera pas. 

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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