Les nouveaux dossiers thérapeutiques: @01. Une histoire de couple

En couple chez le thérapeute

CHAPITRE-3. EN COUPLE CHEZ LE PSYCHOTHÉRAPEUTE.

Mais qu’est-ce qui peut bien pousser un couple à venir consulter un psychothérapeute ? Après quelques années ensemble, celui-ci connaît parfois des obstacles qui mettent son équilibre en danger. De nombreux et longs conflits d’intensités variables, des infidélités, un manque de communication grandissant, et une diminution importante du désir. C’est là peut-être le moment de consulter un thérapeute pour faire un bilan. Il est urgent de ne pas attendre. Dès les premières alertes il faudrait consulter. Anticiper afin d’éviter que s’installe une “habitude du désaccord”. Il y a urgence de marquer un temps pour pointer du doigt les points qui s’érodent à force d’attaques, de déstabilisations, de coup bas. Dans ce genre de consultations, aucune transformation ne se fait rapidement comme cela se ferait avec une baguette magique.

D’une façon générale, la violence des actions, la rigidité des postures, la puissance des défenses et aussi l’importance des traumatismes (physiques ou verbales) nécessitent une longue élaboration, des rdv fréquents et réguliers et du cadre pour que la thérapie permette de recréer un dialogue autrefois interrompue en s’écoutant mieux. Petit à petit, elle donnera des permission à chacun d’exprimer ses besoins, ses envies, ses désirs cachés et d’être à nouveau attentif aux attentes intimes de son conjoint(e). Un retour à la libre expression de leurs désirs entravés, une compréhension de leurs comportements dysfonctionnels, et ainsi en tirer des “intentions nouvelles” pour l’avenir. Le couple souhaite devenir libre, autonome, créateur d’innovations et posséder cette puissance de la réparation mutuelle. Retrouver le chemin du fantasme originel à partir duquel ils construiront ensemble les finalités et les critères de la fin de la thérapie, celle d’une nouvelle vision de leur couple. 

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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