Les nouveaux dossiers thérapeutiques: @01. Une histoire de couple

À choisir, optez pour la séparation plutôt que la rupture.

CHAPITRE-4. À CHOISIR, OPTEZ POUR LA SÉPARATION PLUTÔT QUE LA RUPTURE.

C’est un long parcours d’alternances entre réussites et échecs qui amène le couple à venir parler de sa relation dans le cabinet du psychothérapeute. Et parfois il y a beau faire, la séparation, dans le meilleur des cas mais aussi la rupture dans le pire, est devenue inévitable. Veuillez noter que je fais ici une différence entre séparation et rupture. Et elle est importante car ne possèdent pas le même objectif. La rupture nie tout en bloc et son seul objectif est la “destruction” pure et simple de l’autre, du lien. La preuve de sa détermination à éradiquer toutes traces de l’existence du couple, est son leitmotiv, “si je ne puis le garder, je préfère le détruire !”. Cette attitude ressemblerait à une fâcheuse tendance à reproduire des postures connues et dangereuses, d’épisodes traumatiques de l’enfance et/ou de l’âge adulte.  Plutôt que de saisir cette occasion pour les traiter et les comprendre individuellement ou bien à deux, le couple s’auto-détruit et les effets terribles et collatéraux se répercutent sur l’équilibre familial ainsi que celui de l’entourage tant privée que professionnelle. Ici la thérapeute marche sur des oeufs. Attention à ne pas être spectateur manipulable. La séparation quant à elle, est sous certains aspects moins radicale car elle peut-être vécue par les partenaires, comme ayant deux objectifs distincts.

Le premier objectif va dans le sens d’une mise à l’arrêt définitif du projet de continuer de former un couple ensemble. Dans ce cas, il est envisageable de considérer la fin du couple comme la réalisation d’un film commun dont le synopsis, élaboré à deux, consiste à apprendre à se séparer dans un respect mutuel. Dans le respect de soi, de l’autre, des autres, des enfants de l’union (s’il y en a). Ce projet commun de “savoir se séparer” prendrait en compte l’histoire du couple, les sentiments qui les ont uni et qui encore présents les inciteraient à se respecter même dans leur séparation. Respecter la personne qui part ou bien que l’on quitte c’est aussi savoir se respecter. Remercier le futur-ex partenaire d’avoir été présent lors des peines et des joies. Faire preuve d’humanité. Il en faut du courage et ici la thérapie de couple peut aider. Le second objectif consisterait à se séparer de la relation et non pas de l’autre personne. Si l’on définit le couple comme deux individus en relation alors il est possible de considérer que les périodes de “turbulences” traduisent la présence dans la relation de couple d’une énergie nouvelle qui ne demande qu’à s’exprimer. Celle-ci peut avoir différents résultats. Si le couple n’y prête pas attention, elle peut le détruire et les conséquences peuvent ressembler à certains égards à ceux de la rupture. Mais si le couple considère cette énergie comme une opportunité créatrice, inventive qui participera au renouvellement du lien entre eux deux. Alors cette période transitoire sera qu’une étape nécessaire, une gestation, certes turbulente mais un chemin innovant générateur d’un lien nouveau. Se séparer cette fois-ci de la relation et non pas du ou de la partenaire deviendra une évidence. Créer, à deux, un lien neuf qui ne ressemblerait en rien à l’ancien. Une relation nouvelle créatrice de lendemain. Ici encore il faut du courage et la thérapie de couple peut aider.

CONCLUSION

Il existe aujourd’hui, de nombreuses formes d’unions. Pour vivre à deux, le mariage n’est plus le seul objectif en soi. Néanmoins quelques soient la forme choisie, vivre en duo est un projet de vie après une rencontre. Parce que l’amour n’est pas inné, il est important  de bien gérer sa vie de couple. Et cela commence par un travail sur soi et par comprendre l’autre et ses attentes.  Toujours ballotté entre les bons et mauvais moments, être en duo est un art de vivre perpétuellement en équilibre qui a besoin de temps pour se construire, évoluer, se transformer, trouver son sens. Une chose que l’on apprend vite sur ce chemin de l’union, c’est que l’amour du début n’est rapidement plus suffisant pour que le duo perdure, il doit en permanence se réinventer dans une société où l’éphémère est roi.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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