Les nouveaux dossiers thérapeutiques: @03. Consultations à distance.

LE BOOM DE LA CONSULTATION À DISTANCE

Consultation à distance et consultation en présentiel, même travail ?

Les PATIENTS qui fréquentent habituellement mon cabinet et qui, depuis l’arrivée du virus, pratiquent la téléconsultation, affirment qu’il leur faut « UN PEU DE TEMPS POUR S’ADAPTER ». Une fois qu’ils ont dépassé ce temps nécessaire pour intégrer la nouveauté, alors, le travail en profondeur pour eux, peut « CONTINUER COMME AVANT« .
Pour les NOUVEAUX PATIENTS, ceux arrivés à l’occasion du confinement, c’est différent. Il déclare pour la plupart qu’ils « N’AURAIENT JAMAIS PENSÉ CONSULTER UN PSY » et pour qui les LIMITES des consultations à distance les arrangent bien. Elles les PROTÈGENT d’un éventuel « CONTACT INSUPPORTABLE » avec le psychothérapeute qui pourrait, selon eux, se transformer en personnages « dangereux » ou encore en juge selon la puissance de leur transfert. C’est donc tout « naturellement » que ces séances à distance sont particulièrement faites pour les personnes qui, pour l’instant, se « REFUSENT À FAIRE FACE AUX MOMENTS PÉNIBLES ET INÉVITABLES » de leur psychothérapie en profondeur. Parce qu’ils ne sont PAS PRÊT à se laisser déborder par leurs émotions. Leur travail à distance ressemble plutôt à un soutien psychologique en attente de « vrais rendez-vous », en présentiel au cabinet. Car ce qui guérit, c’est la RELATION THÉRAPEUTIQUE, élaborée en présence, entre le patient et le thérapeute. Dans ce cas, nous sommes dans le vivant avec la présence du corps, de la voix et du regard. Alors que j’avoue avoir une préférence pour le présentiel en cabinet, puis-je affirmer que je fais le même travail à distance ? Et qu’en est-il du retour de mes patients ? Est ce que cela leur convient et dans quelles mesures cela leur est bénéfique ? Enfin, y’aurait-il besoin pour certains patient d’ALTERNER séance en présentiel et à distance ? Pour une consultation par téléphone, mon regard de thérapeute disparaît pour le patient et cela semble parfois lui faciliter l’accès à l’exploration de certains sujets, dès les premiers rendez-vous alors qu’au cabinet ou par téléconsultation, cela aurait pris plus de temps.
Même constat pour une consultation par écrit. Une patiente confinée en famille n’avait aucune possibilité de continuer sa thérapie via la téléconsultation ou bien même par téléphone. L’appartement qu’elle partageait ne lui permettant pas de s’isoler pour garantir la tranquillité et encore moins la confidentialité de ses échanges. Alors que j’avais des doutes quant à la qualité du travail intérieur possible uniquement par les mots, j’ai tout de même accepté. J’ai ainsi pu constater que pour elle, déposer ses mots sur un mail qui m’était destiné lui a permis, je cite : « de faire un travail intérieur dont elle aurait été incapable autrement ». Y’aurait-il besoin pour certains patients d’ALTERNER présence et distance ? Pourquoi pas essayer dans un objectif et un cadre thérapeutique détaillé et précisé au patient. Déjà dans ma pratique, il m’est arrivé de travailler en collaboration avec d’autres praticiens comme la Gestalt, l’EFT, l’EMDR, ou bien encore l’Art-Thérapie. Je partageais alors avec le patient ma proposition de l’envoyer consulter un autre spécialiste et ainsi, tous ensemble nous avancions, patient et thérapeutes, à lever les blocages.

Comment imaginer ma pratique pour l’avenir ?

Dans la suite de ma pratique, je peux m’imaginer utiliser ces différents moyens, en complément et/ou en alternance du travail réalisé en cabinet. Toutefois, je reste dans les deux cas, vigilant à la RELATION THÉRAPEUTIQUE qui joue, à mon sens, un rôle fondamental dans le succès de la thérapie. Le confinement a révélé qu’il existait des moyens d’interventions thérapeutiques innovants où mes connaissances peuvent être mises à dure épreuve car les limites de leurs mise en oeuvre sont parfois mal dessinées. Néanmoins, il est intéressant d’évoquer ces transformations pour des raisons de méthodologies, de cadres et de déontologie professionnelles dans l’intérêt du patient et pour éviter de faire tout et n’importe quoi dans le seul souci d’innover. Aussi, que ce soit dans l’intimité d’un cabinet de consultation ou à travers un outil digital comme l’ordinateur ou le téléphone portable, il s’agit bien de réussir la RENCONTRE avant même de penser à la relation thérapeutique. Et pour la réussir, il me semble que cela repose sur ma posture de thérapeute, la qualité de mon écoute, mon regard et mon timbre de voix. Des ingrédients pour engager une bonne relation thérapeutique. À charge au patient d’y répondre ou non.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

Laisser un commentaire