Un podcast de Radio France de 34′
Oisiveté, procrastination, paresse… et si on ralentissait ?Et si c’était ça l’avenir, travailler moins ? L’on se rend compte que le présentéisme ne fait plus recette. Levons le pied… À l’heure où l’on est continuellement abreuvés d’informations et de notifications, une certaine envie de calme se fait sentir.
Quelle alternative à la vie laborieuse ? Tom Hodgkinson déroule une éthique de la paresse dans « L’art d’être oisif dans un monde de dingue » (Les Liens qui Libèrent, 2018).
Avec
Avec l’essayiste britannique Tom Hodgkison, fondateur de la revue The Idler, « le paresseux », auteur de L’art d’être oisif dans un monde de dingue, best seller sorti en 2005 et enfin traduit en France en 2018, aux éditions Les Liens qui Libèrent, où il érige en principes tout ce que la société et la morale bannissent : sieste, grasse matinée, école buissonnière, contemplation, mais aussi tabac et gueule de bois.
Ce n’est pas impossible, de vivre une vie accomplie qui ne soit pas uniquement une vie de travail.
(Tom Hodgkinson)
Manifeste pour un retour au bien vivre, hors des contrôles horlogers et des mythes qui, depuis la révolution industrielle, relient le travail et une vie d’effort à la morale conventionnelle. Eloge de la paresse, déjà traité par nombre d’auteurs, de Robert Louis Stevenson à Jerome K. Jerome, un appel à l’acceptation des simples plaisirs de la vie. Car sans excès, la consommation de tabac ou le premier verre de la journée pourraient, selon Tom Hodgkinson, être consommés dans une perspective créatrice et contemplative, et le travail créateur. Car ne rien faire, prendre son temps, c’est parfois faire plus efficacement.
Le problème avec les politiques, c’est qu’ils sont guidés par les principes utilitaires. Ils ne sont pas romantiques.
(Tom Hodgkinson)
En savoir plus : Les sept péchés capitaux (7/8) : La paresse
Aux Royaume Uni, L’Art d’être oisif sera suivi de L’Art d’être libre dans un monde absurde (Les Liens qui Libèrent, 2017), nouvel appel à la résistance dans un monde de la consommation, de l’ennui et de l’accélération.
Extraits sonores:
- Philippe Noiret dans Alexandre le Bienheureux (Yves Robert, 1968)
- Bertrand Russel, « On smoking »
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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