Un Podcast de Radio France (5′)
D’où viennent nos croyances ? Pourquoi notre besoin affectif de croire, malgré le désenchantement apporté par la modernité, demeure-t-il si fort ? La psychologie offre-t-elle un système de déchiffrement du monde, alternatif aux grands récits mythologiques ? Un psychologue américain livre son analyse
Professeur de psychologie cognitive à l’Université de Chicago, co-auteur avec Stephen T. Asma de The Emotional Mind, [La Pensée émotionnelle], Rami Gabriel travaille, comme tant de ces confrères ces temps-ci, sur l’origine de nos croyances. Ce qui l’amène à réfléchir sur notre besoin de croire. Pour lui, comme pour son compatriote Jonathan Haidt, ce sont nos émotions qui nous conduisent. Les raisonnements viennent après-coup, servir de justification à des choix déjà effectués. Constatant que notre « besoin émotionnel de détenir des explications dignes d’un engagement de croyance est plus grand que nous ne le comprendrons jamais, » Rami Gabriel compare sa discipline aux vastes systèmes de signification que sont les mythologies. Cette citation résume bien l’article qu’il vient de publier sur le site Aeon. Dans ce texte, Rami Gabriel s’interroge aussi sur la fonction sociale exercée par sa propre discipline, la psychologie, dans nos sociétés technologiques, capitalistes et désenchantées.
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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