LNDT: @623. Les hurlements de Laëtitia « dépassaient les limites » : au procès de Guillaume Bucci, la honte des proches du couple

Un podcast de Radio France (1′)

Depuis lundi, à la cour d’assises de Digne-les-Bains, s’est ouvert le procès de Guillaume Bucci. Cet homme de 51 ans comparaît pour viols et actes de torture entre 2015 et 2022 sur Laëtitia, son ex-compagne. À la barre, les proches du couple regrettent de ne pas avoir donné l’alerte.

Au deuxième jour du procès de Guillaume Bucci devant la cour d’assises de Digne-les-Bains ce mardi 19 mai, des proches du couple sont interrogés pour comprendre la relation entre l’accusé et Laëtitia, son ex-compagne, sur qui il est soupçonné d’avoir infligé des sévices, des viols pendant plusieurs années, et de l’avoir contrainte à la prostitution.

« Je souhaite qu’il soit condamné pour tout ce qu’il a fait », témoigne avec dignité le fils aîné du couple

À la barre, ils sont envahis par la gêne, la honte, ou les deux. Comme cette tatoueuse qui a gravé la plus dégradante des injures sur la partie la plus intime du corps de Laëtitia. « J’ai essayé de l’en dissuader, mais elle m’a dit qu’il fallait le faire, se souvient Lisa. Ça a été horrible pour moi, je me suis dit que je ne ferais plus jamais ça. » La honte de cette voisine qui entendait les hurlements de Laëtitia au premier étage. « Ça dépassait les limites, on devait monter le son de la télé », se souvient-elle, en regrettant elle aussi de n’avoir pas donné l’alerte.

La honte de cet ancien ami de l’accusé à qui, au beau milieu d’une soirée barbecue, Guillaume Bucci a proposé d’avoir une relation sexuelle avec Laëtitia derrière la piscine, il l’a acceptée « sans envie », précise-t-il, mais « je me suis laissé aller, j’aurais pas dû faire ça ». Face à cette honte des adultes qui n’ont rien dénoncé surgit à la barre la dignité du fils aîné de l’accusé. Il a 17 ans et se souvient de la violence et de l’emprise de son père qu’il n’a pas revu depuis son incarcération il y a quatre ans et qu’il appelle désormais « Monsieur ». « Je vais très bien », dit l’adolescent, « je souhaite qu’il soit condamné pour tout ce qu’il a fait et que tout ça soit fini ».

LNDT: @622. Marina Paulin, maman d’enfants TDAH

Un podcast de Radio France (20′)

TDAH… Trouble de l’attention avec hyperactivité. Souvent associé au syndrome du sale gosse mal élevé, le témoignage de Marina Paulin nous permet d’en savoir un peu plus sur ce trouble bien réel.

Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est caractérisé par l’association de 3 symptômes dont l’intensité et la manifestation varient selon chaque personne : inattention, impulsivité et hyperactivité. 

Selon les enfants, un ou deux symptômes peuvent prédominer, mais dans près de 20% des cas, les trois symptômes sont associés. 

Les signes évocateurs sont très différents selon les enfants, ce qui rend le diagnostic difficile à poser. 

Pour les médecins, toute la difficulté réside dans le fait d’identifier avec certitude les cas de TDAH. En effet, il s’agit uniquement d’un diagnostic clinique, aucun examen complémentaire n’est nécessaire. Aussi, les médecins ont besoin de l’aide de l’entourage de l’enfant (parents, enseignants, infirmière scolaire), qui est susceptible de repérer les symptômes. 

La plupart des parents autodiagnostiquent leurs enfants avant d’entrer dans le parcours de soins

Marine Paulin, a deux enfants : Abel 20 ans et Brune 19 ans. Tous les 2 ont été diagnostiqués TDAH après plusieurs années de bilan et de psy. 

Pour Abel, les premiers signes ont été des difficultés d’écriture. Quatre ans plus tard, alors qu’il est en seconde, Marina Paulin est convoquée. On lui parle alors de gros problèmes de concentration. En parallèle, sa fille Brune, est diagnostiquée TDAH après un parcours de grande souffrance scolaire. A 8 ans déjà, elle ne voulait pas retourner à l’école, les prémisses d’une phobie scolaire.   

Evidemment tous les enfants qui ont des problèmes scolaires, d’écriture ou de comportement ne sont pas forcément TDA ou TDAH.    

Pour Marina Paulin, il y a encore beaucoup de travail à faire au niveau formation que ce soit dans le système scolaire ou le système de soins. 

Ce sont des enfants qui ont besoin de cadres et de bienveillance

A la maison aussi, cela peut être compliqué. Les enfants porteurs de TDAH sont souvent très intelligents et ils ont besoin d’être nourris. Il n’y a jamais de pause, ça ne s’arrête jamais ! 

La solution de Marina Paulin ? Le sport, le sport et encore le sport. 

Les méthodes d’éducation doivent également être adaptées par rapport à l’autorité, la punition, la récompense.  

Beaucoup de parents sont obligés d’arrêter de travailler pour s’occuper de leurs enfants TDAH et notamment pour soutenir leur scolarité. 

Si on est maman seule, sans moyen, là c’est la catastrophe

Aujourd’hui, plusieurs associations comme TDHA partout pareilOuverture dans un nouvel onglet ou TDAH pour l’égalité des chancesOuverture dans un nouvel onglet sont là pour accompagner les parents et les guider dans ce parcours de soins extrêmement compliqué. 

Car si des solutions existent, le TDAH est un trouble qui ne se guérit pas. Les médicaments atténuent uniquement les symptômes. 

LNDT: @621. TDAH : vivre avec un trouble du déficit de l’attention

Un podcast de Radio France (33′)

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) touche environ 5% des enfants en France. Comment « dompter » ces troubles qui se manifestent par des oublis constants, des difficultés à échanger avec les autres et à se concentrer ?

Inattention, impulsivité, hyperactivité… En France, environ 3,5 à 5,6% des enfantsOuverture dans un nouvel onglet souffriraient d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), généralement détecté avant l’âge de 12 ans. Alice Gendron avait 29 ans quand le diagnostic de ce trouble est tombé : dans « C’est la vie », elle raconte le soulagement d’avoir pu mettre des mots sur des comportements passés ou présents.

Le 14 novembre dernier, la ministre en charge des Personnes handicapées annonçait les mesures du nouveau plan sur les troubles du neurodéveloppementOuverture dans un nouvel onglet. Parmi elles, la création de classes dédiées aux enfants souffrant de troubles de l’attention.

Comment repère-t-on un TDAH ? Quels sont les impacts au quotidien ? Les défis et les obstacles à surmonter ? Comment « apprivoiser » ce trouble ?

Les conséquences affectives et financières du TDAH

Les relations amicales ont toujours été compliquées pour Alice Gendron : la trentenaire explique avoir toujours été impulsive, oublier régulièrement de rappeler des amis ou encore couper la parole des autres sans s’en rendre compte.

Côté portefeuille, Alice explique être « très bien connue des huissiers et des impôts » dès l’âge de 23 ans et être encline aux achats compulsifs. Elle confie avoir encore beaucoup de difficultés à gérer seule certaines choses de la vie quotidienne.

Quand elle est diagnostiquée d’un trouble d’un déficit de l’attention à 29 ans, l’hyperactivité, le manque de concentration, l’ennui, le bavardage incessant font soudain sens.

Dans son livre, Le petit guide illustré du TDAHOuverture dans un nouvel onglet publié chez Albin Michel, Alice Gendron développe plusieurs stratégies pour améliorer son quotidien et favoriser la concentration : apprendre à se comprendre, à se poser les bonnes questions.

Des conseils qu’elle donne aussi à travers son compte Instagram « La mini coach TDAH »Ouverture dans un nouvel onglet, en expliquant que contrairement à une maladie, le TDAH ne se guérit pas, mais plutôt qu’il « s’apprivoise ».

LNDT: @620. TDAH : mode d’emploi !

Un podcast de Radio France (53′)

Des difficultés à se concentrer et à s’organiser…De l’impulsivité et des émotions non contrôlables… Le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), est souvent diagnostiqué chez les enfants, et pourtant il est fréquent chez les adultes.

Les personnes TDAH, fâchées avec les contraintes et la routine, dépassées voire épuisées à force de compenser les difficultés, en soufrent autant au travail que dans leur vie personnelle. 

  • Quelles sont les particularités du TDAH chez les adultes?
  • Quels sont les symptômes, les difficultés qu’il génère ?
  • Quels sont les troubles fréquemment associés?
  • Quels sont les liens également avec le haut potentiel et la bipolarité?
  • Et toutes les questions que vous vous posez! C’est dans si on en parlait!

Avec nos invités:

SÉBASTIEN WEIBEL  médecin psychiatre et chercheur aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg. Il est responsable d’une consultation spécialisée sur le TDAH. 

MARTIN DESSEILLES – médecin psychiatre, psychothérapeute et professeur à l’Université de Namur.

Auteurs du “Manuel de l’hyperactivité et du déficit de l’attention“ aux éditions Eyrolles .

LNDT: @619. L’effet bénéfique de la musique dans le traitement de l’autisme et du TDAH prouvé par la neuro-imagerie

Un article de Radio France (2′ de lecture)

L’enseignement musical augmente la connectivité cérébrale chez les enfants et pourrait être bénéfique dans le traitement de l’autisme et du TDAH, affirment les chercheurs dans une récente étude relayée par la Société des radiologues d’Amérique du Nord.

Acquisition du langage, concentration, aptitudes sociales, les effets bénéfiques de l’enseignement musical sur les enfantsOuverture dans un nouvel onglet ne sont plus à prouver. La musique est de plus en plus utilisée dans la prise en charge de différents troubles d’apprentissageOuverture dans un nouvel onglet ou encore pour soigner la dépression chez les jeunesOuverture dans un nouvel onglet. Mais comment la musique agit-elle concrètement sur le cerveau des enfants ? De quelle manière peut-elle influer sur les changements fonctionnels ou structurels et orienter le développement des fonctions cognitives, motrices ou émotionnelles ?

Une récente étude publiée sur le site de la Société des radiologues d’Amérique du NordOuverture dans un nouvel onglet donne des éléments de réponse à cette question. « La pratique musicale peut contribuer au développement du cerveau chez de tous jeunes enfants, parce qu’elle optimise la création et la mise en place des réseaux neuronaux et stimule notamment ceux situés dans les régions frontales, impliquées dans les processus cognitifs complexes », explique le Dr. Pilar Dies-Suarez, chef de service de radiologie de l’hôpital pour enfants Federico Gómez de Mexico, à l’origine de l’étude.

Avec son équipe, elle a observé 23 enfants âgés entre 5 et 6 ans, droitiers et sans troubles sensoriels, perceptifs ou neurologiques, qui ont suivi une formation musicale pendant neuf mois. Aucun enfant n’avait précédemment reçu d’enseignement artistique par ailleurs. Ils ont été évalués avant et après leur participation par une technique avancée de l’IRM qui peut détecter les modifications micro-structurelles dans la matière blanche du cerveau. A l’issue de la période de neuf mois, la neuroimagerie a montré une optimisation de la connectivité et de la communication entre différentes régions du cerveau, notamment dans le cortex frontal.

« Lorsqu’un enfant suit un enseignement musical, précise Pilar Dies-Suarez, son cerveau est appelé à effectuer plusieurs tâches. L’écoute, les fonctions cognitives et motrices, l’émotion et les aptitudes sociales sont mobilisées en même temps. Un circuit complexe de différentes régions dans le cerveau est sollicité et par conséquent nécessite la création de plus de connections entre les deux hémisphères, ce qui explique peut-être les résultats de notre étude. »

Pour l’équipe de Pilar Dies-Suarez, ces résultats sont la preuve en images que la pratique musicale contribue à la création de nouveaux réseaux neuronaux et à la stimulation et l’optimisation des connexions existantes. Leur portée thérapeutique pourrait notamment permettre de mieux cibler la prise en charge de certaines pathologies, et notamment les TSA (troubles du spectre autistique) et TDAH (trouble de déficit de l’attention/hyperactivité), dont l’un des marqueurs est, selon certains chercheurs, une faible connectivité neuronale dans le cortex frontal.

« Nous savons déjà que l’enseignement musical a un effet très positif sur les enfants atteints d’autisme ou du TDAH, mais cette étude nous a permis de mieux comprendre ce qui change dans le cerveau et dans quelles régions se forment de nouvelles connexions », précise le docteur Dies-Suarez.

LNDT: @618. La Haute autorité de santé veut améliorer la prise en charge des TDAH chez les enfants

Un podcast de Radio France (1′)

Troubles souvent méconnus, les TDAH sont longs et difficiles à dépister et à prendre en charge. Ce lundi, la Haute autorité de santé a émis une série de recommandations pour une meilleure prise en compte de ces troubles chez les enfants.

Les parents souffrant de troubles de l’attention le savent : il faut du temps, parfois beaucoup, pour obtenir un diagnostic. Les TDAH, les troubles et déficits de l’attention, concernent pourtant environ 5% des enfants, mais sont encore largement méconnus et difficiles à établir. C’est pour cette raison que la Haute autorité de santé a livré ce lundi des pistes pour améliorer le diagnostic et le traitement.

Ces recommandations sont en quelque sorte une façon de reconnaître le TDAH, sur lequel beaucoup d’idées reçues circulent encore, y compris chez les soignants : « Encore aujourd’hui des parents témoignent que des pédiatres leur répondent « Ce n’est rien, ça passera ». Si les parents évoquent le nom du trouble, on leur répond « C’est une mode, ça ne vous concerne pas ». Tout les médecins ne connaissent pas ce trouble« , regrette Christine Gétin, directrice de l’association HyperSupers TDAH France.

Intégrer les parents à l’accompagnement

Pour éviter les risques d’aggravation, le TDAH doit être pris en charge de manière précoce. Les traitements médicamenteux peuvent être prescrits en seconde intention, mais l’accent doit être mis sur l’accompagnement humain, notamment celui des parents, selon la pédopsychiatre Nathalie Franc, qui a participé aux travaux de la HAS : « Souvent les parents sont mis de côté dans les accompagnements. C’est ça le plus gros problème, parce que les parents sont les acteurs principaux« , dit-elle. « C’est leur intervention, leur façon de faire, de s’adapter à leurs enfants, qui va être déterminante pour la suite« .

Aujourd’hui, seuls les pédiatres, psychiatres et neurologues sont autorisés à diagnostiquer le TDAH. La Haute autorité de Santé appelle donc à former d’autres professionnels, notamment les médecins généralistes.

LNDT: @617. Les patients TDAH en France : combien sont-ils et comment les traiter ?

Un podcast de Radio France (2′)

Votre enfant a du mal à se concentrer, à tenir en place, il est impulsif… Peut-être est-il atteint du trouble TDAH, Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Un trouble répandu mais encore mal diagnostiqué.

Votre enfant a du mal a se concentrer, en classe il préfère imaginer que les nuages dehors ressemblent à des moutons plutôt qu’écouter ce que dit le maître ou la maîtresse ?  Il a du mal à tenir en place, il a besoin de bouger beaucoup, de se dépenser, il est impulsif aussi, il répond, pique des colères ? Evidemment, il peut avoir son petit caractère mais si ça affecte trop sa vie scolaire ou la vie familiale et sociale, il y a peut-être un problème plus profond. Peut-être est il atteint du trouble TDAH, Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité.

On estime entre 400.000 et plus d’un million le nombre de jeunes atteints en France : la fourchette est large parce que justement, c’est encore très mal diagnostiqué. Les professionnels de santé pensent qu’au moins un enfant par classe en serait atteint. Mais 80% d’entre eux ne sont pas diagnostiqués. Les filles, parfois parce qu’elles souffrent uniquement du trouble de l’attention : elles sont en train de rêver au fond de la classe peut-être mais comme elles ne font pas de bruit, ça ne se voit pas donc on peut passer à côté. Les garçons, parce ce n’est pas si simple de décrocher un rendez-vous chez un neuropédiatre ou un pédopsychiatre, ils sont plutôt rares en France (500 pédopsychiatres pour 20 millions de jeunes) et les délais d’attente sont de plusieurs mois.

Les symptômes, c’est donc une difficulté à aller au bout des choses, de l’inattention, de l’agitation, des colères, l’envie souvent d’aller vers des choses extrêmes,  de se mettre en danger parfois. C’est souvent associé à l’école à des problèmes de discipline, voire à de l’échec scolaire, du rejet social. Plus tard, ça peut être associé à des suicides, des addictions, des comportements à risque, donc ça peut être lourd de conséquences et ça ne doit surtout pas être pris à la légère.

Ce n’est pas une maladie, c’est un trouble : un trouble neurodéveloppemental, que nous décrit le docteur Frédéric Kochman, il est pédopsychiatre : « Evidemment, tous les enfants agités bébés, qui bougeaient beaucoup dans le ventre de leur mère, qui ont mal fait leurs nuits, qui régurgitaient, qui pleuraient beaucoup, ne sont pas nécessairement TDAH, mais s’ils ont des problèmes au moment de l’école primaire, ces signes, bébé, peuvent aider au diagnostic. On peut avoir un petit enfant agité, mais les problèmes se font souvent sentir surtout à l’entrée au CP car la vie à l’école révèle les problèmes d’inattention, de discipline. En cabinet, on fait des tests neuropsychologiques, mais il y aussi des signes neurologiques visibles, ça se voit à l’imagerie. C’est inscrit dans nos neurones depuis tout petit. On le voit dans le cerveau, il y a un déficit au niveau des cortex frontaux en taux de dopamine, l’un des transmetteurs de notre cerveau ». 

Est-ce que ca se soigne et surtout comment ca se soigne ? Psychothérapie, méditation, EMDR, neurofeedback, thérapie comportementale : il y a beaucoup d’approches possibles pour gérer le trouble. La médication est elle indispensable ? Médication avec le fameux méthylphénidate, vendu sous les marques ritaline ou concerta, pour calmer l’hyperagitation ? « Pas forcément », explique le médecin, heureusement, tous les TDAH n’ont pas besoin de médicaments, moi je n’en donne qu’à 20% de mes patients tout au plus. Il y a plein de façons de gérer le trouble et de l’atténuer. Mais quand on a du mal, que le cas est sévère, que la vie familiale ou scolaire en est très affectée, il ne faut pas s’empêcher de prendre ces médicaments. Ca aide et ça ne fait pas de mal. Ce qui fait du mal, surtout, c’est de ne pas traiter le TDAH et d’avoir un jeune de 20 ans qui a gâché plein de choses dans son enfance parce qu’on ne l’a pas pris en charge ».

Le TDAH est un trouble qui disparait dans la plupart des cas une fois que l’enfant a grandi.  On estime malgré tout que 30% des enfants atteints restent hyperactifs à l’âge adulte, ce qui n’est pas non plus une tare, car ils sont souvent hyper créatifs aussi, artistes et inventeurs !

LNDT: @616. TDAH, dys, HPI, autisme… « Zèbres et Cie », le premier magazine de la neurodiversité

Un podcast de Radio France (8′)

En France, 12 millions de personnes sont considérées comme neuroatypiques. Après avoir fondé « Rose Magazine » pour les femmes atteintes de cancer, la journaliste Céline Lis-Raoux lance un nouveau magazine pour celles et ceux qui pensent et réagissent différemment de la norme.

« Que vous soyez dyslexique,TDAH ou autiste, il n’y a pas de destinée de l’échec pour vous« , clame jeudi 12 juin la journaliste Céline Lis-Raoux, qui a lancé le magazine trimestriel Zèbres et Cie consacré à la neurodiversité. La neuroatypie comprend le TDAH (troubles de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité)Ouverture dans un nouvel onglet, mais il y a aussi le spectre de l’autisme, les troubles dys, dyslexie, dyspraxieOuverture dans un nouvel onglet, etc., les hauts potentiels intellectuelsOuverture dans un nouvel onglet et aux potentiels émotionnels.

**>>Autisme, dysphasie, troubles de l’apprentissage… Un nouvel « Institut du cerveau de l’enfant » va voir le jour à Paris pour mieux accompagner les enfantsOuverture dans un nouvel onglet

**En France 12 millions de personnes sont considérées comme neuroatypiques, pourtant aucun journal ne leur était consacré. Ce magazine s’adresse donc à toutes ces personnes. Il est tenu par trois journalistes, entourés d’un comité scientifique. « C’était très important parce qu’il se dit beaucoup de bêtises et d’idées reçues autour de la neurodiversité. On a eu à cœur d’avoir un comité scientifique qui nous accompagne et qui relie la plupart des articles« , souligne la journaliste.

Le témoignage d’Olivier Véran, hyperactif

C’est le troisième numéro de ce trimestriel qui compte désormais 10 000 abonnés. Celui-ci prodigue des conseils pour anticiper les galères de la rentrée scolaire, s’intéresse aux rencontres amoureuses des neuroatypiques et recueille aussi des témoignages, comme celui d’Olivier Véran, l’ancien ministre de la Santé, qui a été diagnostiqué hyperactif tardivement. « Ce que j’aime beaucoup dans ce témoignage, dit-elle, c’est qu’il montre qu’il n’y a pas de destin de l’échec pour les gens qui ont des troubles de déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité. En fait, on peut devenir qui on veut et ça, c’est vraiment un message important que je veux faire passer dans le journal.« 

« J’ai trouvé ça très précieux parce que souvent le TDAH est associé à l’idée de l’échec scolaire. Olivier Véran a fait des études brillantes. Il a été ministre d’Etat deux fois. »

Le problème, selon elle « c’est le regard« . Car, la neurodiversité, souligne-t-elle, se définit par rapport à une norme. « Mais quand 16% de la population est hors norme, on peut vraiment légitimement s’interroger sur le territoire de la norme. Est-ce que ce n’est pas notre norme qui est beaucoup trop étriquée ? Est-ce que l’enjeu ne serait pas d’élargir le territoire de la norme et de se dire que les personnes autistes, dys, ou TDAH y ont parfaitement leur place ?« , interroge Céline Lis-Raoux, elle-même mère de deux enfants neuroatypiques.

LNDT: @615. Léonard De Vinci avait-il un trouble TDAH ?

Un podcast de Radio France (2′)

Alors que l’on célèbre, en ce moment, les 500 ans de sa mort, retour, ce matin, sur ce trouble du déficit de l’attention et de l’hyperactivité dont aurait été atteint Léonard de Vinci.

Alors que la mythologie entourant Léonardo est toujours aussi puissante, un article paru il y a quelques jours dans la revue Brain prétend compléter le portrait du grand inventeur italien. 

Le professeur Marco Catani, chercheur au King’s College de Londres, suggère en effet que Léonard de Vinci présentait les caractéristiques typiques du trouble du déficit de l’attention et de l’hyperactivité connu sous le nom de TDAH

Le professeur de psychiatrie affirme que l’artiste toscan qui a produit certaines des œuvres les plus emblématiques du monde, aurait eu en réalité beaucoup de difficultés à les terminer. 

Et sur quoi s’appuie t-il pour le démontrer ? 

Sur des comptes rendus historiques et des récits concernant ses pratiques de travail qui montrent que l’artiste aurait passé beaucoup de temps à planifier des projets mais qu’il aurait singulièrement manqué de persévérance. 

Un trouble qui aurait commencé dès son enfance puisque selon les éléments biographiques, Léonard de Vinci ne tenait pas en place et aurait eu l’esprit très dispersé.

Plus tard, des artistes ayant travaillé avec lui, des mécènes et même le Pape Léon X ont fait état de comportements erratiques et de projets inaboutis. 

Mais paradoxalement, cette hyperactivité a pu également contribuer à son extraordinaire créativité. D’ailleurs, l’aspect le plus caractéristique mais aussi le plus perturbant de sa personnalité semble avoir été sa curiosité vorace qui a pu le stimuler tout en le distrayant. 

L’étude du professeur Catani précise d’ailleurs que la Joconde serait dans sa peinture l’exemple d’une œuvre incomplète. Comme quoi, parfois, il n’est pas nécessaire de trop pousser pour rencontrer le succès. 

Le déficit d’attention de De Vinci aurait donc aussi été la clef de son talent ?

Oui, car comme le rappelle le pédopsychiatre Gabriel Wahl, auteur d’ouvrages sur les enfants et les adultes hyperactifs, si les personnes qui présentent ce trouble manquent de l’endurance nécessaire à la poursuite d’études laborieuses, dès lors qu’on leur offre de la passion, du mouvement et du rythme, elles peuvent s’épanouir dans de nombreux projets et même exceller si tenté qu’on laisse libre cours à leur sens de la créativité. 

Et on le sait, Léonard de Vinci a multiplié les activités et les projets dans le domaine des arts et de la science.

Alors, bien sûr, cet exercice qui consiste à faire de la psychiatrie rétrospective sur des personnages célèbres comporte des limites scientifiques avec des interprétations qui peuvent être très aléatoires. D’ailleurs, le professeur Catani déclare lui-même qu’il est impossible de poser un diagnostic post-mortem sur une personne qui vivait il y a 500 ans.

En France, 4 % des enfants en âge scolaire et 3 % des adultes seraient TDAH. Et parmi eux, se cache sans doute un Léonard de Vinci moderne qui ne demande qu’à terminer le portait de Mona Lisa. 

LNDT: @614. TDAH : comment vivre avec des troubles de l’attention ?

Un podcast de Radio France (7′)

En cette journée nationale de sensibilisation au Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, le TDAH, retour sur les évolutions du diagnostic et des solutions proposées aux patients. Entre facteurs génétiques et accompagnement du développement de l’enfant, la science avance.

Avec

  • Olivier BonnotPsychiatre et professeur de pédopychiatrie

Le TDAH désigne un ensemble de troubles de l’attention pouvant ou non être accompagnés d’hyperactivité. Il ne s’agit pas d’une maladie, mais d’un trouble du développement de l’attention, sur certains aspects encore mal connu.

Que sont les TDAH ?

Aujourd’hui, 5 % des Français sont concernés par les TDAH. Olivier Bonnot est professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’université Paris-Saclay, chef de service à l’hôpital Barthélémy-Durand et co-auteur avec l’orthophoniste Laurence Olivier du livre Et si c’était un TDAH ? Déficit de l’attention, hyperactivité, impulsivité, les outils pour faciliter le quotidien (Marabout, 2024). Il rappelle que ces troubles interviennent lors « du développement de l’attention. Soit la capacité à se concentrer, à écouter et à essayer de maintenir son attention sur les conversations. » Les TDAH se développent progressivement à partir de l’enfance et ne guérissent pas, mais il est tout à fait possible de s’y adapter. Le psychiatre souligne qu’avec « quelques outils, accompagnements et aides, on peut très bien vivre avec un TDAH. »

Identifier les symptômes

Il est parfois difficile de diagnostiquer les TDAH mais la plupart des individus exposés et qui demandent un accompagnement témoignent de leurs difficultés à s’intégrer au travail, à l’école ou dans leurs cercles sociaux en général. Avoir des proches atteints peut aussi être un indice puisque « comme beaucoup de troubles du neurodéveloppement, les TDAH ont une héritabilité importante, indique Olivier Bonnot. Il existe des prédispositions génétiques. Il n’y pas de gène TDAH spécifique, mais probablement plusieurs qui augmentent la vulnérabilité à son exposition. On parle parfois de score polygénique. »