LNDT: @322. « Fleishman a des ennuis », un roman et une série

Un podcast de Radio France de 1′

Quatre-vingts secondes ce matin sur « Anatomie d’un divorce », le titre français est plat mais il a le mérite de décrire précisément de quoi il est question : après 15 ans de mariage, l’explosion d’un couple avec deux enfants.

Avec Fleishman a des ennuis, Taffy Brodesser-Akner, chroniqueuse au New York Times, avait publié il y a trois ans un bon roman qui avait instantanément rencontré son public. Jamais mieux servie que par elle-même, elle en a tiré une mini-série télé.

Rendu à sa solitude célibataire et à un appartement vide, Toby découvre les joies des applications de rencontre et de la frénésie sexuelle, jusqu’à ce que Rachel, son ex-épouse, dépose un matin les enfants chez lui et disparaisse de la circulation.

LNDT: @321. Depuis combien de temps les gens divorcent ?

Un podcast de Radio France de 3′

Aujourd’hui, Sophie, huit ans, aimerait savoir depuis combien de temps les couples divorcent. Sandra Brée, chercheuse au CNRS, lui répond.

En France, le divorce est autorisé depuis la loi Naquet qui date de 1884, mais il avait été déjà autorisé entre 1792 et 1816. Pour bien comprendre, il faut remonter au Moyen Age où le mariage est alors une institution éphémère. Ils se font et se défont au gré des alliances entre les familles et la noblesse française a souvent recours à la répudiation. C’est un acte par lequel un des époux décide unilatéralement de rompre le mariage. C’est à la fin du XIᵉ siècle que l’Église remet en cause l’indissolubilité du mariage, pour finalement l’interdire bien plus tard, en 1563 lors du Concile de Trente (1545-1563).

LNDT: @320. Le divorce en mode 2.0

Un podcast de Radio France de 7′

En France, près d’un mariage sur deux se termine par un divorce. Comment s’y prend-t-on aujourd’hui pour s’organiser face à ce bouleversement ? Les nouvelles technologies peuvent venir en aide aux 425.000 couples qui se séparent en moyenne chaque année.

Au cœur des séparations, il y a souvent des enfants. En moyenne, 380.000 mineurs sont concernés chaque année en France. L’organisation n’est pas toujours simple mais certaines applications peuvent être utiles. C’est le cas des calendriers électroniques partagés. “ Si on n’avait pas ça on se disputerait très souvent ! », concède Emeline qui a proposé à son ex-conjoint, Mathieu, de partager l’accès à leur agenda respectif pour faciliter le suivi des jours de garde de leur fille, Chloé. Séparés depuis trois ans et vivant à quelques rues l’un de l’autre, à Montreuil, près de Paris, Emeline et Mathieu ont mis en place un rythme un peu particulier pour que leur fille, âgée de six ans, ne soit pas éloignée d’eux trop longtemps. “ Le lundi et mardi chez maman ou papa, le mercredi ou jeudi, chez l’autre et du coup le vendredi, samedi et dimanche à nouveau chez le premier ”, détaille Mathieu.

LNDT: @319. Quel est le véritable impact du divorce sur les enfants ?

Un podcast de Radio France de 45′

Que se passe-t-il dans la tête des enfants quand les parents divorcent ? Quelques conseils pour que cette épreuve de la vie, nécessairement difficile, ne soit pas un traumatisme.

Un couple sur deux divorce (un chiffre qui ne tient pas compte des unions libres). Des séparations qui surviennent de plus en plus tôt, et qui affectent les enfants, de plus en plus souvent en bas âge. Comment faire pour que le divorce se passe le mieux possible ? Comment éviter les règlements de compte par enfants interposés, ne pas les prendre en otage, ni les plonger dans un conflit de loyauté ? Comment protéger au maximum les enfants des effets néfastes du divorce à court, moyen et long terme ?

LNDT: @318. Conséquences de la séparation ou du divorce pour les enfants

Brian M. D’Onofrio, Ph.D.

Indiana University, États-Unis
Septembre 2011

Dans tous les pays industrialisés, des changements spectaculaires sur le plan familial se sont produits au cours des dernières décennies. L’augmentation du taux de divorce dans la deuxième moitié du 20e siècle a été frappante : ce taux a plus que doublé entre 1960 et 1980 dans la plupart des pays occidentalisés. La multiplication des divorces a particulièrement marqué les enfants, des millions d’entre eux ayant vécu le divorce de leurs parents. De plus, l’augmentation récente du nombre de naissances hors mariage, qui s’explique par le taux croissant de naissances chez les couples vivant en concubinage, a aussi mené à l’accroissement du nombre d’enfants qui vivent la séparation de leurs parents jamais mariés. Les couples vivant en concubinage étant moins stables que ceux qui sont mariés, plusieurs enfants nés de ces unions libres en vivront la dissolution. 

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LNDT: @317. Comment les parents peuvent aider leurs enfants à faire face au divorce ou à la séparation

JoAnne Pedro-Carroll, Ph.D.

Clinical Psychologist, Consultant and Child Specialist, Founder, Children of Divorce Intervention Program, États-Unis
Novembre 2020, Éd. rév.

Chaque année, des millions d’enfants, partout dans le monde, font face à l’éclatement de leur famille. Dans plusieurs pays, le taux de divorce croît.1 Les enfants sont grandement affectés par le divorce et le potentiel de problèmes à court et à long terme est considérablement plus élevé chez les enfants dont les parents sont divorcés. Alors que le divorce parental pose pour les enfants des risques significatifs qui justifient que nous nous en préoccupions, la recherche montre que ces effets négatifs ne sont pas les mêmes pour tous et qu’ils ne sont pas inévitables. Plusieurs facteurs peuvent réduire ces risques et promouvoir la résilience des enfants.2,3

Les trois facteurs qui affectent le plus le bien-être des enfants pendant et après la séparation ou le divorce de leurs parents peuvent potentiellement être contrôlés par les parents : le degré et la durée des hostilités entre les parents, la qualité des pratiques parentales et la qualité de la relation parent-enfant. Bien sûr, c’est le bien-être des parents et leur propre capacité de bien fonctionner qui sous-tendent ces trois facteurs. En apprenant comment gérer leurs conflits, exercer leurs fonctions parentales de façon efficace et nourrir des relations chaleureuses et affectueuses avec leurs enfants, les parents peuvent avoir un puissant effet positif sur leurs enfants, même lorsqu’ils vivent des changements difficiles dans leur propre vie.

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LNDT: @316. Quand trop penser nous gâche la vie, comment sortir de nos ruminations ?

Un podcast de Radio France de 53′

Impossible d’y échapper, elles tournent en boucle dans notre tête, comme un hamster dans sa roue… Ces ruminations mentales qui nous agitent du matin au soir. Ces pensées qui nous prennent la tête…

Avec

On est foutu, on pense trop ! Telle pourrait être le refrain de cette émission. Mais ça veut dire quoi exactement, trop penser ? Pourquoi le règne des conjectures dans notre tête peut provoquer une surchauffe de l’esprit, un malaise plus ou moins diffus, une anxiété, une déprime ?

Et puis il y a toutes ces scénarios de la vie quotidienne que nous élaborons du réveil au coucher : « Et si je perdais mon emploi… », « j’aurais pu répondre ceci », « j’aurai pu faire cela ». Nous verrons tout de même quels sont les bienfaits de ces ruminations, mais aussi comment se forcer à ne plus penser à une chose finit par fonctionner, nous vous dirons comment adopter les meilleures stratégies anti-ruminations.

Méditation, positive attitude… Quelle sont les bonnes tactiques pour ne plus mouliner ?

Toujours plus d’informations sur les tracas du monde, l’actualité anxiogène fournissent nombre de possibilités d’y penser, un peu comme un fond d’écran désormais habituel de notre vie. Sébastien Bohler, journaliste scientifique, explique que le cerveau a justement une fonction fond d’écran car lorsqu’il n’a rien à faire, notre cerveau explore les possibles, notamment les côtés dangereux pour anticiper ce qui pourrait se passer. « Donc quand vous mettez le cerveau face à une industrie de l’information qui permet d’alimenter cette boucle, alors on part en vrilles« , il faut ainsi pour lui réfléchir à « l’articulation entre médiasphère et le fonctionnement ancestral du cerveau« .

Le cerveau veille en permanence et cherche à prévoir

Cette capacité à prévoir le danger a permis à l’espèce humaine de survivre. Comment ? On le sait désormais, cette vigilance vient de l’action des neurones du « réseau du mode par défaut », responsables d’un fonctionnement efficace. Un réseau qui s’active lorsqu’on se repose, lorsqu’on va se coucher, qui traque ce qui pourrait bien arriver, c’est ici que les pensées arrivent et deviennent des ruminations. Le psychiatre David Gourion a étudié « la dynamique neuronale des ruminations » : il montre que si vous êtes un être humain dans des conditions de vie ancestral, vous devez tout prévoir en imaginant le danger au moindre bruit, « est-ce un danger potentiel qui se cache derrière un buisson ou est-ce la brise printanière ?« . Ceux qui ont envisagé le potentiel danger sont restés, ceux qui pensaient qu’il n’y avait aucun problème ont été statistiquement éliminés, et leurs gênes avec.

La pensée, une action consciente de notre cerveau

De là, comment définir une pensée, et comment naît-elle ? Sébastien Bohler explique qu’une pensée est un contenu mental dont on prend conscience, « une représentation qu’on peut se rapporter à soi-même, qui est consciente ». Les pensées peuvent être un acte souhaité ou « venir de manière plus ou moins chaotique. On peut les saisir au vol, on peut s’accrocher à elles, on peut les faire monter en mayonnaise, ou, au contraire, les laisser filer ». Christophe André, ajoute que « pour la plupart d’entre nous, l’acte de penser est de produire des pensées, or pour la plupart des chercheurs en neurosciences, penser n’est pas produire des pensées, mais choisir parmi le flux d’images mentales que produit le cerveau. (…) Penser ou réfléchir, c’est choisir certaines pensées plutôt que d’autres, ou parfois, c’est l’inverse, c’est être choisi par certaines pensées qui s’imposent à nous parce qu’elles ont une charge émotionnelle, une charge affective ». Il conclut ainsi « qu’il faut des apprentissages pour ne pas être submergé par cette activité formidable ».

De la pensée à la rumination

La psychiatre Aurélia Schneider fait le lien et la distinction entre la pensée et les ruminations. Ces dernières ont une connotation plutôt négative. La psychiatre les définit « comme des pensées assez conscientes, qui tournent en boucle de manière récurrente, et le plus souvent en période de creux ». Par exemple, en se réveillant à 2 heures du matin, ou pendant les vacances ou les week-ends, quand vous ne pouvez pas résoudre ce qui arrive en tête. À tel point parfois que certains de ses patients « redoutent  les périodes de vacances et les remplissent d’énormément d’activités pour ne pas que ces pensées arrivent, et devoir résoudre ce qu’on ne peut pas résoudre ». Le monde des ruminations se divise en deux catégories : sur des situations qui n’existent pas ou pas encore, les pensées de type « et si jamais », « pourvu que », et sur des situations qui existent, mais qui n’ont malheureusement pas de solutions, des situations qu’on ne peut pas régler.

Ne pas confondre les ruminations, ou les pensées qui passent, avec « des phobies d’impulsion qui sont des craintes de passer à l’acte, mais ne se réalisent pas ». Comme par exemple la peur de devenir pédophile en remontant la braguette de son petit garçon, l’envie de pousser quelqu’un dans l’escalier ou quelque action tellement violente et inimaginable qu’il est même difficile d’en parler. Vous n’êtes pas forcément déséquilibré, il s’agit d’une phobie.

S’entraîner à faire revenir le positif

Mais serait-ce possible alors de ne pas ruminer ? Le monde, se divise-t-il entre ceux qui ruminent et les autres ? Pour Christophe André, la différence entre les humains n’est pas celle-ci, mais avec ceux qui savent s’arrêter. Les solutions en journées sont d’agir, d’interagir avec les autres, de faire des choses ; le soir, il s’agit de méditer, de se détendre, de ruminer peut-être, mais des situations positives. On ne peut pas les arrêter, mais on peut moins y participer, les laisser passer afin de ne pas les subir.

La psychiatre approfondit et précise que lorsque quelque chose s’est mal passé « une mémoire traumatique utile nous fait faire attention, être plus prudent, mais on oublie complètement ce qui est bien, ce qui est positif ». Il faut donc s’entraîner à se rappeler de cela, elle invite ainsi des patient.e.s à écrire ce qui s’est bien passer.

Autre conseil, celui de faire des to-do listes, elles rassurent sur ce qui est fait, c’est très apaisant. Mais multiplier les plannings peut ajouter à la charge mentale. On revient ainsi à s’entrainer à souligner, à se remémorer de ce qui a marché, ce qu’on a accompli ou résolu.

La suite, des exemples et des conseils, à écouter ici 
Cette émission est en partenariat avec le mensuel « Cerveau & Psycho ».

Invité.e.s de l’émission :
Sébastien Bohler, journaliste scientifique, rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho, promoteur de la psychologie évolutionniste, expert dans la vulgarisation des travaux scientifiques. À la Une de la revue Cerveau & Psycho, n°164 (Avril 2024) : Je pense trop : comment dire stop aux ruminations.
Aurélia Schneider, psychiatre spécialisée dans les thérapies comportementales et cognitives, ancienne interne des hôpitaux de Paris. Auteure de La charge mentale des femmes… et celle des hommes (Larousse, 2018)