LNDT: @27. Le Père Noël, un si merveilleux mensonge ?

Le mensonge et ses utilisations

De l’utilité du mensonge: Le mensonge, bien que considéré par la plupart des cultures comme moralement condamnable, est dans le même temps toléré. Il est même considéré par certains comme indispensable pour le bien de la vie en société. Le mensonge et le menteur, n’existeraient pas l’un sans l’autre. Pour qu’un menteur puisse faire croire son mensonge, il faut qu’il ait  conscience du caractère fictif de celui-ci. Le mensonge ne serait que l’outil de l’intention du menteur. Alors quelles sont les motivations du menteur ?

Le mensonge est une affirmation délibérément fausse dans l’intention d’agir sur autrui.

Le mensonge naît du désir volontaire de tromper. « Il est préalablement préparé, pensé, médité. Le menteur sait à qui il s’adresse, quels sont les meilleurs moyens qu’il a d’être cru, quelle forme il doit employer pour mieux capter la confiance de celui qu’il veut tromper. ». Ce qui compte dans le mensonge c’est son intention. J. Derrida (philosophe) insiste sur ce fait en donnant sa définition du menteur : « le menteur est quelqu’un qui dit délibérément autre chose que ce qu’il sait, dans l’intention d’égarer son auditeur ». 

Le mensonge comme outil du plaisir. 

Il est utilisé pour susciter, selon les psychologues, la « désirabilité sociale ». Le mensonge comme une stratégie de bien se présenter et donc de se masquer aux autres. Le mensonge comme stratégie de survie face à une situation que l’on imagine angoissante si la vérité est divulguée.  L’autre source de plaisir du menteur est  la satisfaction d’avoir abusé la confiance d’autrui. Jouir avant tout du sentiment de puissance octroyé par le fait d’avoir trompé son public. Ce plaisir  nécessite comme prérequis, la conscience du caractère fictif du récit avec lequel le menteur abuse ses auditeurs.

Le mensonge comme outil de communication. 

Taire ce que l’on pense est différent de mentir car cela revient à se poster dans une forme d’immobilité face à autrui. Tandis qu’adresser à l’autre un discours destiné à l’induire en erreur, et donc lui mentir, implique un mouvement dans sa direction. Le fait même d’essayer de tromper quelqu’un indique l’intentionnalité, le besoin d’une inter-relation selon B. Cyrulnik,  » le sujet qui ment ne se contente pas de cacher ce qu’il sait, il va vers les autres pour les induire en erreur, ce qui signe une manière originale d’interagir avec son entourage. Par le biais de ce comportement, le sujet exprime ainsi son besoin du lien”. Le mensonge serait donc synonyme de lien. De ce désir de relation à l’autre découle, le mensonge égoïste qui permet de donner une bonne image de soi, d’éviter une punition ou mieux encore, d’obtenir un avantage Vous voyez, le mensonge serait nécessaire pour la vie en société tout comme dans les moments de vie plus intimes. “Les inventeurs de mensonges, font leur récit pour susciter admiration, envie, etc, chez l’auditeur”. Mais dans ce fatra de précisions, quelles différences entre un menteur peu scrupuleux et un mythomane ? Le menteur sans scrupule est toujours conscient de l’immoralité de son mensonge. C’est ce qui le distingue du mythomane. Le mythomane quant à lui n’est pas conscient de son trouble psychique. Il souffre de la réalité. Il s’invente alors, par l’utilisation de mensonges, un autre monde plus calme et apaisant. Un monde qui lui convient mieux. Mais pourquoi les parents mentent ?

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MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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