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LNDT: @103. Rêver de nos proches disparus

Interpréter un rêve, c’est se donner la chance d’accéder au grand secret que nous sommes pour nous-mêmes. Les rêves et les cauchemars nous donnent accès à une part inconnue de notre identité.

Avec

  • Clotilde Leguil professeure au Département de psychanalyse de Paris 8 Saint Denis, philosophe et psychanalyste de l’Ecole de la Cause freudienne

Il y a quelque chose dans le rêve qui nous échappe non seulement au moment où nous le faisons, mais au moment où nous tentons de nous en souvenir. Nous avons quelquefois le sentiment furtif d’avoir rêvé de quelque chose, qui est presque là et qui pourtant qui veut pas revenir… Le rêve semble avoir disparu avant même d’apparaître vraiment à notre conscience.

Le rêve peut nous faire revoir des êtres disparus, et nous avons le sentiment de les retrouver comme s’ils étaient vraiment là, vivants comme avant. Pourtant, nous les perdons à nouveau au réveil. Les revenants reviennent dans les rêves mais disparaissent au réveil nous faisant subir une double perte. Comme si les traces de la rencontre venaient à s’effacer.

Chacun de nous, lorsque nous perdons un être cher, nous pouvons faire cette étrange expérience de revoir le disparu au cœur de la nuit, comme s’il revenait nous hanter. Est-ce rassurant ? Est-ce effrayant ? On ne saurait trop dire. Ce que l’on constate, c’est qu’ils reviennent, les morts, et parfois de très loin. On dirait même que pour l’inconscient, les morts ne sont jamais morts.

Freud s’est aventuré très loin dans l’interprétation des rêves de disparus.

C’est le rêve d’un fils qui vient de perdre son père, qu’il a accompagné dans la maladie jusqu’à son agonie. Ce rêve tient en une seule phrase. Le fils rêve la chose suivante. « Mon père était de nouveau en vie et me parlait comme d’habitude, mais (chose étrange), il était mort quand même et ne le savait pas ».

Un podcast de 54′ de Radio France.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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