Un podcast de Radio France (8′)
Quand les mots s’épuisent ou se figent, les notes s’immiscent dans les failles de la mélancolie. Et si la musique possédait une véritable clé neurochimique pour nous aider à guérir ?
La dépression ne se résume pas à un coup de blues. C’est une maladie qui fige le cerveau, ralentit nos connexions et éteint nos circuits du plaisir. En termes cliniques, on parle d’une altération de la plasticité synaptique, d’une diminution du volume de l’hippocampe et d’un déficit chronique en neurotransmetteurs, parmi lesquels la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine.
Mais face à cette “paralysie de l’esprit”, la musique active une thérapie invisible. Qu’elle soit écoutée ou pratiquée, elle vient stimuler les zones endormies par la maladie. En sollicitant le striatum et le cortex préfrontal, les fréquences sonores agissent comme un synchronisateur d’ondes cérébrales, offrant une alternative aux traitements médicamenteux classiques dans la prise en charge des épisodes dépressifs caractérisés.
Ce que la science nous révèle
Saviez-vous qu’une mélodie douce peut agir directement sur nos hormones ? Les études d’imagerie médicale montrent qu’une écoute adaptée fait chuter le taux de cortisol (l’hormone du stress) de 22 % à 30 % en seulement vingt minutes.
Mieux encore : la musique réactive notre circuit de la récompense en libérant de la dopamine et de la sérotonine. En effet, les examens en IRM fonctionnelle révèlent une augmentation du flux sanguin dans le noyau accumbens, déclenchant une libération endogène de dopamine comparable à celle induite par les traitements pharmacologiques du circuit de la récompense.
Une vaste étude de la fondation Cochrane (Aalbers et al., 2017) confirme que la musicothérapie, associée aux soins classiques, améliore de manière spectaculaire les scores de guérison sur l’échelle de dépression de Hamilton.
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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