LNDT: @632. Dépressions, suicides : qu’est-ce qui angoisse la jeunesse ?

Un podcast de Radio France (7′)

En 2021, les pensées suicidaires des 18-24 ans ont été multipliées par deux et plus de 9% d’entre eux ont déclaré une tentative de suicide. Un chiffre bien au-dessus de la moyenne nationale, qui s’élève elle à 6,8%. Comment comprendre les raisons de ce mal-être ?

Un âge de transformations

Les chiffres sur le mal-être des jeunes s’expliquent d’abord par la période de vie qu’ils traversent. Le passage de l’adolescence à l’âge adulte est un moment de grande fragilité psychique confirme Marie-Rose Moro, professeure psychiatre de l’enfant et de l’adolescent à l’Université Paris Cité, et cheffe de la maison des adolescents de Cochin. “C’est toute cette période de 14-15 ans jusqu’à 21 ans qui est particulièrement délicate. Il faut se construire, trouver les valeurs qui nous portent et nous tiennent en vie, qui nous donnent envie d’agir sur le monde et de construire son propre destin. Ce passage est aussi celui de transformations importantes, qu’elles soient corporelles, psychologiques, de notre mode de vie ou de notre rapport au monde. Les adultes, la société, les institutions telles que l’école, l’université ou les lycées, doivent accompagner ces transitions.

Ouverture de maisons des adolescents

Face aux alarmes des professionnels et à l’augmentation notoire de la phobie scolaire, Gabriel Attal a annoncé l’ouverture d’une maison des adolescents par département dans son discours de politique générale. Marie-Rose Moro, cheffe de la maison de Solenn à Cochin, souligne l’importance de ces centres pour les jeunes en détresse. “Ce sont des lieux ressources, des lieux spécifiques dédiés aux adolescents où l’on va mettre à leur service l’ensemble des disciplines nécessaires à leur bien-être et à leur santé. Dans ces espaces, les adolescents, leur famille, mais aussi les professionnels qui s’occupent d’eux, doivent pouvoir venir pour évaluer et trouver un projet adapté pour chaque adolescent. Il s’agit aussi de réduire les temps d’attente. Lorsque les jeunes sont désespérés, et que nous les mettons sur une liste d’attente de six mois, leurs idées noires auront évoluées entre-temps et ils se retrouveront dans une souffrance structurée. Il nous faut donc des lieux dédiés à leur accompagnement et où l’on expérimente des manières de faire qui leur correspondent.”

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

Laisser un commentaire