LNDT: @339. Faire de sa vie une histoire – Épisode 5/5

Après avoir visité les salons d’apparats, les caves, les greniers et les chambres à coucher d’une mémoire familiale, il est temps de trier, de choisir ce que l’on garde de cet héritage. Que transmettre ? Quelle chaîne faut-il rompre ? Cinquième épisode d’une série d’émissions enregistrée en 2005.

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« L’important n’est pas ce qu’on fait de l’Homme, mais ce qu’il fait de ce qu’on a fait de lui » Jean-Paul Sartre

L’écrivain Michel Cazenave revisite la maison du psychiatre Karl Gustav Jung à Bollingen en Suisse, qui déclarait que sa vie « avait commencé et continuerait » après lui, en écho à son collègue physicien à Zurich Albert Einstein, énonçant que « le monde ne devient pas, il est. » Jung avait aménagée sa maison de façon à y inclure le culte de ses ancêtres et des dieux Lares.  » Les morts sont liés aux vivants par des chaînes qu’on ne voit pas. Tantôt longue et souple, la chaîne qui traverse les évènements et les jours, tantôt tendue à rompre et si courte qu’elle s’inscrit dans la chair. Quand un mort tire sur la chaîne, le vivant qui est à l’autre bout perçoit des étoiles nouvelles, d’autres couleurs, des paysages inconnus. «  Le Maître des paons Jean-Pierre Milovanoff

« Quand on se raconte ce sont toujours des racontars » Serge Doubrovsky

Vincent de Gaujelac, en sociologue reprend la terminologie de Pierre Bourdieu pour cerner l’héritage d’un individu  en plus de ses conditionnements psychologiques. Les familles  se transmettent, outre un capital immobilier et économique, des légendes, des mythes qui seraient autant de scénarios, de modes d’emploi existentiels face à l’amour, la vie, la mort, la folie, la maladie, le travail. Ces récits sont souvent enjolivés ou dramatisés. Dans certains cas, on n’a pas envie d’être l’enfant de cette histoire-là et l’on préfèrerait des origines plus glorieuses. C’ est une « impasse généalogique ». En acceptant l’humanité de nos ascendants, nous devenons les acteurs de notre histoire individuelle. Un moyen de donner un sens à nos destinées, dans un siècle où le progrès scientifique et technologique, les religions, les partis politiques, critiqués et décrédibilisés ne fournissent plus de raisons de vivre collectives.

LNDT: @338. De mère en fille – Épisode 4/5

La relation mère-fille est une des plus fascinantes, car elle implique un corps à corps, en miroir. Longtemps le féminin et le maternel ont été confondus. Le féminisme a-t-il modifié la reproduction des modèles ? Quatrième épisode d’une série d’émissions sur la psychogénéalogie enregistrée en 2005.

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Sommes-nous porteurs de mémoires cellulaires, inscrites dans le corps de la mère ? Comment se libérer de ce conditionnement ? La gynécologue Danièle Flaumenbaum constate dans sa pratique que les fibromes,  les cancers,  les suicides sont parfois engrammés et que  » l’horloge du transgénérationnel sonne aux mêmes dates » de mère en fille. Comment arrêter de faire du « même » avec de « l’autre » ?

« Si nos mères passent, leurs chants survivent en nous »

« Nous croyons nos mères plus fortes qu’elles ne le sont. Elles deviennent mères presque malgré elles. Elles n’y sont pas toujours préparées . Elles portent sur leur dos, comme ces jeunes Berbères qui chantent dans les champs de blé verts, de lourds fardeaux de bûches ou un petit frère dont elle ont la charge. Elles tombent amoureuses comme on hume des fleurs. » Le Secret de ma mère d’Emmanuelle de Boysson

« Mes matriarches…je vous salue ! »

« Mes matriarches du temps passé, vous qui viviez il y a 4,5,6 ou 7 générations : Agnès, Sophie, Julia, Régina, Caroline,  Amalia, Bertha, je vous salue, à travers vos nappes et vos draps blancs. Je pense à vos destins de femmes courageuses et fortes. Vous avez cueilli les fruits de la vie, vous l’avez transmise, elle m’a traversée à mon tour. Ne m’en veuillez pas, je suis fille de mots et de papier. De vos trousseaux, je ne garderai que quelques pièces, les plus belles en souvenir de vous. Ne me demandez pas de laver à la main ces tissus précieux, de les calandrer, de les amidonner, de raccommoder les accrocs, de ravauder les déchirures. Votre arrière arrière petite fille a troqué l’aiguille pour le porte-plume et le stylo électronique. » Comment j’ai vidé la maison de mes parents Lydia Flem

LNDT: @337. Les secrets de famille – Épisode 3/5

La mémoire familiale est une maison pleine de secrets. S’y trouvent parfois des enfants mort-nés, des maladies mentales inacceptées, des condamnations tues, et dans les cas les plus graves, de la violence ou de l’inceste. Quatrième épisode d’une série d’émissions enregistrée en 2005.

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  • Didier Dumas Psychanalyste et acupuncteur
  • Serge Tisseron Psychiatre

Si l’héritage peut-être la cause de nombreuses tensions, souvent ce n’est pas pour des raisons pécuniaires, mais parce que les  tensions recouvrent des souffrances affectives liées à la transmission de la mémoire et de l’identité. Serge Tisseron, psychanalyste relate l’ histoire d’un meuble, témoin d’une filiation inavouée,  porteur d’un secret, traversant les générations. Lui même a compris pourquoi les visages des héroïnes hitchcockiennes terrorisées lui rappelait un souvenir traumatique de noyade, refoulé par sa mère.

« C’est toujours la honte qui est à l’origine du secret »

Marie-Paule Jonathan, psychanalyste, rappelle que le travail transgénérationnel tient de l’enquête et que dans cette « traversée » le rêve est une aide précieuse. Suscité ou activé par la recherche des origines, le rêve relève de deux ordres. Le rêve « ordinaire », toujours digne d’intérêt dans ses moindres détails, et le « grand « rêve . Rêve inhabituel, étrange et dynamique, relevant de la vision ou de la transe :  « transe-générationnelle. »

LNDT: @272. Le dispositif Mon soutien psy se renforce contre la souffrance physique

Une information de l’Assurance Maladie

Le dispositif Mon soutien Psy permet à toute personne (dès 3 ans) angoissée, déprimée ou en souffrance psychique, de bénéficier de séances d’accompagnement psychologique avec une prise en charge par l’Assurance Maladie. Créé en 2022, il a évolué depuis le 15 juin 2024.

Un accès simplifié aux psychologues

Plus besoin de passer par un médecin traitant (ou une sage-femme) pour bénéficier d’un suivi psychologique.

Davantage de séances remboursées

Le nombre de séances remboursées à 100 % par l’Assurance Maladie et les complémentaires santé (mutuelles) passe de 8 à 12 par année civile et par personne. 

Une revalorisation des tarifs

Pour encourager les psychologues à rejoindre le dispositif, le tarif de la consultation psychologique passe de 30 à 50 euros. 

Un dispositif dédié aux étudiants

Les étudiants ont également leur programme : « Santé psy étudiant » qui leur permet de bénéficier de 12 séances gratuites. 

Aujourd’hui, c’est ma rentrée thérapeutique !

Le blog reprend. Cette année Les Nouveaux Dossiers Thérapeutiques (LNDT) et les Hors Séries Thérapeutiques (HST) seront de retours. D’autres sujets seront traités au grès de mes découvertes, de mes lectures.

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LNDT: @103. Rêver de nos proches disparus

Interpréter un rêve, c’est se donner la chance d’accéder au grand secret que nous sommes pour nous-mêmes. Les rêves et les cauchemars nous donnent accès à une part inconnue de notre identité.

Avec

  • Clotilde Leguil professeure au Département de psychanalyse de Paris 8 Saint Denis, philosophe et psychanalyste de l’Ecole de la Cause freudienne

Il y a quelque chose dans le rêve qui nous échappe non seulement au moment où nous le faisons, mais au moment où nous tentons de nous en souvenir. Nous avons quelquefois le sentiment furtif d’avoir rêvé de quelque chose, qui est presque là et qui pourtant qui veut pas revenir… Le rêve semble avoir disparu avant même d’apparaître vraiment à notre conscience.

Le rêve peut nous faire revoir des êtres disparus, et nous avons le sentiment de les retrouver comme s’ils étaient vraiment là, vivants comme avant. Pourtant, nous les perdons à nouveau au réveil. Les revenants reviennent dans les rêves mais disparaissent au réveil nous faisant subir une double perte. Comme si les traces de la rencontre venaient à s’effacer.

Chacun de nous, lorsque nous perdons un être cher, nous pouvons faire cette étrange expérience de revoir le disparu au cœur de la nuit, comme s’il revenait nous hanter. Est-ce rassurant ? Est-ce effrayant ? On ne saurait trop dire. Ce que l’on constate, c’est qu’ils reviennent, les morts, et parfois de très loin. On dirait même que pour l’inconscient, les morts ne sont jamais morts.

Freud s’est aventuré très loin dans l’interprétation des rêves de disparus.

C’est le rêve d’un fils qui vient de perdre son père, qu’il a accompagné dans la maladie jusqu’à son agonie. Ce rêve tient en une seule phrase. Le fils rêve la chose suivante. « Mon père était de nouveau en vie et me parlait comme d’habitude, mais (chose étrange), il était mort quand même et ne le savait pas ».

Un podcast de 54′ de Radio France.