Un podcast de Radio France de 7‘
Une proposition de loi Modem sur la justice patrimoniale au sein des familles a été adoptée hier à l’unanimité par l’Assemblée nationale actant la fin de la solidarité fiscale. Mais de nombreux autres mécanismes renforcent les inégalités entre femmes et hommes au cours des séparations…
Avec
- Emilie Biland-Curinier Professeure des universités en sociologie à Sciences Po Paris
Cette loi prévoit notamment qu’une femme divorcée n’aura plus à rembourser à la place de son ex-époux l’argent qu’il devait alors qu’ils étaient encore unis fiscalement parlant. D’autant plus si, elle n’a rien à voir dans la dette dont il est question. Cette loi n’est qu’un début.
Qui profite de la prestation compensatoire ?
Les femmes sont systématiquement lésées en matière patrimoniale, tout particulièrement après les séparations. Selon Émilie Biland-Curinier, sociologue et politiste, professeure des universités à Sciences Po, la loi Modem n’arrange pas les choses : “l’esprit de la loi Modem est de donner aux personnes les moyens de choisir si elles se marient ou non et comment elles vont se séparer. Néanmoins, il y a des différences importantes selon le statut matrimonial au moment de la séparation. Par exemple, il est impossible d’activer le mécanisme de prestation compensatoire lorsqu’on n’a pas été marié”. La prestation compensatoire est un capital qui peut être versé, usuellement par l’époux, à l’ex-épouse si la rupture d’union occasionne une disparité dans la vie commune. Ce genre de prestations n’est toutefois pas toujours efficace, dans la mesure où l’on observe que les femmes séparées connaissent une situation moins favorable que les hommes séparés.
Des séparations inégales ?
La cause principale de cette perte de niveau de vie est souvent liée à la charge des enfants : “c’est une des causes. Ce sont les mères qui prennent en règle générale les enfants à leur charge. Elles engagent alors des dépenses quotidiennes relatives à cette charge qui sont importantes quand on les accumule”, explique Émilie Biland-Curinier. La sociologue explique que les pensions alimentaires, d’ordinaire versées par les ex-époux, ne sont pas fixées dans un tiers des cas. “Cela s’explique notamment, car la justice considère qu’un certain nombre de pères n’ont pas assez de ressources. Il y a une certaine tolérance des professionnels du droit par rapport à ce versement lorsque les pères sont issus des classes populaires”, conclut-elle.
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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