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LNDT: @270. Pourquoi la violence dans un couple ?

Un podcast de Radio France de 55′

Les violences conjugales ont la particularité de s’inscrire au sein d’un dispositif qu’est le couple, où préside le plus souvent un choix amoureux et consenti. Pourquoi cette violence dans un lien que l’on souhaite construit sur l’amour et quel rôle peut jouer l’analyse dans ce contexte ?

Avec

  • Laurie Laufer Psychanalyste

Laurie Laufer examine donc la violence dans le couple, de ce que l’on appelle la violence conjugale ou la violence de genre. Une patiente me parle de la colère de son compagnon, un autre de la jalousie de son mari. Une jeune femme dit qu’elle ne comprend pas pourquoi elle est restée si longtemps avec « cet homme qui la méprisait ». Elle « ne pouvait pas partir » et se demande pourquoi. Il est parfois difficile pour un certain nombre de patientes et de patients d’aborder la question de la violence dans leur relation. Une honte, une banalisation, des silences entourent souvent des situations dont il est difficile de parler. Pourquoi cette violence dans un lien que l’on souhaite construit sur l’amour ? Du point de vue de la psychanalyse, s’interroger sur la violence revient à remettre en perspective la question de la pulsion de mort. La pulsion de mort, Freud l’a définie dans son texte « Pourquoi la guerre ? ». Dans ce texte écrit en 1933, il s’intéresse au paradoxe d’une destructivité où le sujet se sauve en détruisant l’autre. Se croisent la question de la destructivité et de la cruauté ainsi que la question de la répétition. Une femme dit : « Je me cogne toujours au même mur quand je rencontre un homme ; je tombe toujours sur des hommes violents ». Un homme arrive à sa séance en larmes, il est en colère contre lui, il « a encore été violent envers sa femme, qui est partie cette fois » dit-il. Il y a quelques années encore on parlait de « femmes battues » : cette expression n’est plus utilisée. Les personnes sont des « victime de violence conjugale ». C’est une expression intéressante car elle met en lumière la notion de lien, de ce qui conjugue une personne à une autre personne. Les violences conjugales procèdent autant d’un drame subjectif, personnel que d’une problématique collective.

Dans son livre « Fausse Route », la philosophe Elisabeth Badinter se demande alors que chaque pays européen admet le divorce, pourquoi tant de femmes, objets de seules pressions psychologiques n’y ont-elles pas recours ? Pourquoi ne font-elles pas tout simplement leurs valises ? ». Précisément parce que la situation est prise dans des problématiques multiples, sociales, personnelles. Des films, anciens ou récents, donnent à voir cette réalité difficile : « Il reste demain » le film italien de Paola Cortelesi, ou encore « Anatomie d’une chute » de Justine Trillet. On pense à des films plus anciens, aussi, comme « Un tramway nommé » désir d’Elia Kazan, où l’on voit Marlon Brando tenir violemment le bras de Vivian Leight, qui joue Blanche Dubois ; on pense au film de Luis Bunel, « El », et sa mise en scène d’une jalousie d’un homme au bord du délire, au film « L’enfer », de Chabrol. La littérature n’est pas en reste, avec les livres d’Annie Ernaux comme « La Honte » par exemple, ou encore le théâtre et ce que l’on appelait les drames de la jalousie, comme le fameux « Othello » de Shakespeare.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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