Un podcast de Radio France de 33′
Qu’est-ce que l’amour ? Quels sont les rôles masculin et féminin joués par les partenaires d’un couple ? Comment arrêter de s’entredéchirer et que faire pour qu’un couple aille mieux ? Et que faire pour qu’un couple dure ?
Avec
Juan-David Nasio Psychiatre et psychanalyste
Pour qu’un couple soit un couple, il faut d’abord l’amour, un amour durable qui attache deux êtres ; et ensuite il faut que ces deux êtres soient différents et complémentaires, ou plutôt qu’ils jouent des rôles différents et complémentaires, le rôle masculin et le rôle féminin, et ce, quel que soit leur sexe biologique. Ainsi : homme et femme sont profondément différents, parfois étrangers l’un a l’autre, par- fois hostiles l’un envers l’autre, et pourtant nous ne pouvons pas vivre l’un sens l’autre.
Que dois-je faire pour éviter des crises et que mon couple dure ?
Afin répondre à cette question, Juan David Nasio propose une allégorie de l’amour durable qu’il nomme : « L’allégorie du Tabouret ». Tout comme un tabouret à 4 pieds surmontés d’un plateau celui-ci représente la stabilité du couple. Afin qu’un couple soit stable, qu’il dure et s’épanouisse, il faut un premier pied, le plus important qu’est la sexualité ; un deuxième pied, celui de l’admiration réciproque ; un troisième pied, celui des rituels ; et, enfin, le quatrième pied, celui de la mobilité des rôles à l’intérieur du couple. Voilà donc les quatre pieds, les quatre piliers, d’un amour durable : sexualité, admiration, rituels et mobilité. Il faut ajouter que l’union durable d’un couple repose aussi sur la capacité des partenaires de se faire des concessions mutuelles et de respecter la nécessaire solitude de l’autre. Cependant aucune de ces réflexions ne prétendent dissiper la magie inexplicable de l’amour. L’amour restera à jamais insondable. Une certitude demeure : mon aimé est la personne qui tire de moi le meilleur de moi-même, et cependant, il est aussi celui qui, par le seul fait d’être autre, me limite, refrène mes désirs et quelquefois me fait souffrir. L’aimé est un génie à deux visages qui me donne des ailes et les brise à la fois.
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Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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