Un podcast de Radio France de 53′
Le visage de la famille bouge. Décompositions, recompositions, familles monoparentales, homoparentales… Est-elle en crise ou bien en train de se réinventer, de se démultiplier ?
Aaaaaaahhhh la la, imprimée à vie dans nos mémoires, la vie idéale (et idéalement marketée) de la famille Ricorée… Une marque dans l’inconscient collectif, avec l’idée qu’on serait tous blancs, tous blonds, tous contents de se lever le matin et de se retrouver autour d’une table en famille… Une famille qui, bien sûr, serait composée d’un papa (évidemment, on commence par lui), d’une maman, et de quelques enfants, idéalement équitablement répartis entre filles et garçons…
Oui mais non. Car cette petite musique qui trotte dans la tête est en passe de devenir obsolète. Certes, pas encore totalement aux oubliettes mais tout de même, des frémissements, ça et là… Oui, le visage de la famille bouge au moment où on se parle. On y voit, on y lit, des recompositions, des mutations, des couples qui se séparent et qui restent co-parents, d’autres qui deviennent parents d’intention et tant pis pour la filiation biologique au sens strict, qui font famille, donc, sans forcément de lien du sang, des hommes qui donnent pour d’autres, des femmes qui portent pour d’autres… Et donc ? Ca change quoi ?
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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