Un podcast de Radio France de 45′
Françoise Dolto se sentait en sécurité avec les enfants qui nourrissaient sa théorie de concepts nouveaux, comme l’image inconsciente du corps, les stades du développement infantile, etc. Elle avait de l’intuition, du savoir-faire et de la clairvoyance. De l’assurance aussi.
Née en 1908, issue d’un milieu bourgeois, Françoise sera la quatrième d’une tribu qui comptera six enfants. Le père donne à ses enfants une éducation catholique et progressiste, la mère, traditionaliste, enseigne très vite à ses filles qu’elles sont destinées à être épouses puis mères et à demeurer au foyer, seul territoire qui leur soit autorisé. Françoise ne s’y laissera pas contraindre.
Françoise, très jeune, veut aider les autres. Ses frères se moquent d’elle. Elle est non seulement imaginative mais aussi créative : elle se souvient de ses rêves et en fait des scénarios, elle fabrique un poste à galène toute seule, et apprend à toute vitesse. Pour faire des études de médecine, sa mère lui met des bâtons dans les roues. Cette dernière ne cessera de la rejeter. Mais Françoise Dolto va tout de même y parvenir. Elle choisit pour son externat de s’occuper d’enfants parce que cela la passionne. Elle veut faire de la médecine pour tous les enfants sans se restreindre aux cas officiellement psychiatriques. Appréciée de ses collègues – qui ne comprennent pas toujours pourquoi elle parle aux enfants comme à des adultes –, elle passe brillamment sa thèse.
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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