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LNDT: @314. Après le deuil : retrouver le goût de la vie

Un podcast de Radio France de 28′

Du jour au lendemain, Marie a perdu son amoureux. Luisa, elle, a perdu sa fille. Alors que cela leur paraissait inimaginable, après la lente et douloureuse traversée du deuil, elles ont pu ressentir à nouveau l’élan vital, le goût de la vie.

Marie a vingt-deux ans quand elle rencontre David, dont elle tombe très vite amoureuse. Alors qu’elle se trouve au Canada, elle reçoit un mail qui lui annonce son décès.

« J’avais vraiment passé une chouette journée et j’avais hâte de rentrer, de voir s’il avait répondu à mon mail. Et à la place, j’ai reçu un mail qui m’a annoncé qu’il était mort d’un arrêt cardiaque le vendredi matin, avant d’aller au travail, chez lui, dans sa salle de bain. » Marie

Marie est effondrée. Elle raconte la longue traversée du deuil, puis la lente renaissance…

À lire aussi : Le temps du deuil, des vécus à durée indéterminée

La fille de Luisa est décédée soudainement, alors qu’elle n’avait que treize ans. Maman endeuillée, Luisa sombre dans une tristesse ineffable.

« On ne peut pas distraire une mère de la perte de son enfant. […] On frôle la folie : ma fille ne bougeait plus, mais tout ce qui était inanimé, les objets, eux, étaient pourvus de mouvement. » Luisa

À l’occasion de l’anniversaire de sa fille, Luisa a tenu à partager une lettre-poème, le 29 avril 2024, elle aurait eu 25 ans :

« Les vingt-cinq ans de ma fille, qu’elle n’aura pas :

Tous les ans, le renouveau.
Tous les hivers, suivis du printemps. Tous les printemps, annoncent le mois d’avril. Tous les mois d’avril, annoncent ta naissance.
Cadeau du ciel, et de la terre. Rayon de soleil, qui éclaire et qui réchauffe.

Tous les ans, je ne m’y trompe pas.
Début mars, je le sens poindre.
Le bonheur, et l’angoisse. La plénitude, et le vide.
L’amour, et la mort.
La mélodie, la mélancolie.

Tristesse vague, sans raison déterminée ?
Non, elle en a une, une seule.
Je te survis, mais ne vis plus, comme avant.
Où est passée la promesse de vie que tu portais en toi ?
Jamais je n’ai imaginé avoir conçu un être mortel.
Quelle mère porte en son sein un enfant qu’elle sait peut mourir à tout instant ?

Et quand toi, mon rayon de soleil, tu t’es éteinte….
Toutes les lumières ont explosé, d’un seul coup.
Toutes les étoiles ont filé, d’un seul mouvement.
10 août, ‘shooting stars’.
Les Perséides, essaim de météores, les larmes de Saint Laurent.
La nuit des temps a commencé.

Ton existence, une poésie.
Ton absence, ténèbres.
Un quart de siècle, cela se fête !
Tes parents, grands vaillants, portent haut le flambeau.
Que ton nom soit à jamais symbole d’amour et de beauté.
Smilla, ma chérie.
« 

Merci à Marie, à Luisa, à l’association Apprivoiser l’absence qui fait un travail formidable de groupes de paroles et de soutien, ainsi que Pierre, le webmaster ; et toutes les personnes qui ont accepté de revenir vers Elise Andrieu.

Reportage : Elise Andrieu

Réalisation : Emmanuel Geoffroy

Musique de fin : Tears in Heaven d’Iris Noëlle.

À lire : Le temps du deuil, des vécus à durée indéterminéees.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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