Un podcast de Radio France de 30′
Morgane a été battue par son compagnon pendant plusieurs années. Elle raconte son parcours, de la terreur à la fuite.
De l’amour à l’emprise, il n’y a qu’un pas. Morgane a vu sa relation se dégrader jour après jour, jusqu’à devenir un véritable enfer. Isolement social, menace et violence sont son lot quotidien. La jeune femme fait le récit de son histoire.
« Sans m’en rendre compte, il a commencé à faire le vide autour de moi »
Quelques mois après avoir quitté son conjoint, Morgane se met en couple avec Yassine. Au début, il lui plaît, il a le sens de l’humour, il est attentionné et n’hésite pas à faire preuve de ses sentiments : « Tous les soirs il fait cent kilomètres pour venir en bas de chez moi, et forcément ça, ça plait. Ça a été le coup de foudre. » Mais lentement, Yassine isole Morgane. Elle quitte Paris, ils s’installent à la campagne et elle perd le contact avec ses amies. Petit à petit, de manière presque imperceptible, Yassine lui impose ses propres règles. « Par exemple, pour qu’il vienne me chercher en voiture à mon travail, il fallait que j’aie été gentille la veille. »
« Au moment de la première claque, c’est déjà trop tard »
Morgane tombe enceinte. C’est pendant cette période que Yassine commence à la frapper. Après la naissance du bébé, il se met à lui donner des coups tous les jours. Un compte à rebours terrible est mis en place : « Il est dix heures, on couche le petit à quatorze heures et il me dit : « dans quatre heures, je te défonce ». Il met en place le « compte à rebours ». Je vais mal lui préparer ses tartines ou mal poser la télécommande et il me dit, « dans trois heures et demie j’te défonce. » Puis, « Holà, plus que trois heures, c’est chaud pour toi ! ». Et ainsi de suite, « dans une heure, plus que 30 minutes, plus que dix minutes, c’est chaud pour toi ». Il est deux heures moins dix, je monte, je couche mon fils et j’essaie tant que je peux de garder un sourire pour le petit pour qu’il ne voie pas que je suis stressée. C’est terrible. » Morgane
À lire : 70% des femmes dans le monde sont victimes de violences au cours de leur vie
Chaque fois, il la frappe à coups de poing jusqu’à ce qu’elle s’écroule. Il s’arrête à l’instant où elle commence à saigner. « Ma chance, c’était qu’il ne supportait pas la vue du sang.«
Des nouvelles
Depuis l’enregistrement de cette émission, Morgane Seliman multiplie les interventions publiques autour des violences conjugales. Elle intervient en particulier sur le phénomène d’emprise, sur ce qui fait que l’on ne quitte pas immédiatement une situation de couple dangereuse. Aujourd’hui, elle intervient dans des salles de cinéma, autour de la diffusion du film Jusqu’à la garde.
- Reportage : Rémi Dybowski Douat
- Réalisation : Anne Kobylak (et François Caunac)
Merci à Morgane Seliman et Valérie Taillefer.
Pour consulter le lien gouvernemental sur les violences faites aux femmes.
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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