Un podcast de Radio France de 3′
Ce matin, je me suis réveillée et je me suis dit « Tiens, et si j’apportais un peu de gaité sur cette antenne ?» Alors en vérité, il n’y a aucune raison d’attendre Halloween ou la Toussaint pour parler de ce savoureux sujet (c’est un peu comme pour bouloter frénétiquement du chocolat, pas besoin d’attendre Pâques ou Noël). Mais la météo étant ce qu’elle est en ce moment, autant s’offrir une petite cure de déprime expresse, hein ! Non, en fait, je dis ça, mais personnellement**, j’aime beaucoup parler de la mort avec les enfants. Et surtout… les enfants adorent ça.** Pourquoi ? Eh bien parce que dès 3-4 ans, ces petits malins comprennent qu’il y a là une belle promesse de mystère ; quelque chose à partager avec les adultes… vu que concernant la mort, on est un peu tous ramenés au même niveau de connaissances. A savoir qu’au mieux, on fait des hypothèses mais qu’au fond, on n’en sait fichtrement rien.
Beaucoup de parents se sentent mal à l’aise, voire démunis, pour en parler avec leurs enfants…
C’est vrai que la première fois que l’on doit faire face à une question du genre « c’est quoi être mort ? » – question qui, bien évidemment, surgit sans prévenir à la caisse du supermarché, ou quand vous avez le doigt sur le bouton de l’interrupteur, prêt à dire « Bonne nuit mon chéri ! »- bref, la première fois, il y a une sorte de petit vertige. Il faut dire que bien souvent, on a plus ou moins relégué la question aux oubliettes, en mode « clic clac dans la boîte et on verra ça quand on sera vieux ». Sauf que face à la bouille remplie d’innocence de votre enfant, pas toujours facile de livrer ses convictions comme ça, de but en blanc. Exemple : vous avez depuis longtemps tranché la question en mode « y’a rien après la mort. On nait, on meurt, le corps se décompose sous la terre, dévoré par des vers et puis c’est tout » Soit. Mais face à votre petit, tout ceci vous semble soudain un peu radical et vous vous surprenez à parler de « souvenir », de « trace que les gens qu’on aime laissent dans notre cœur », d’une sorte de « vie » qui survie à ceux qu’on aime… Déjà beaucoup moins radical ! De même, vous être chrétien : vous aviez coché une petite case « Résurrection » vaguement rassurante dans votre tête… mais forcé de constater que face à la même bouille d’ange, vous voilà obligé de revenir creuser la question, voire de faire un peu de théologie : alors non, on ne revient pas tel quel dans son corps… d’ailleurs, Jésus, ses amis ne le reconnaissent pas quand il ressuscite donc il y a peut-être quelque chose de plus symbolique : l’idée que même si on meurt tous un jour… bon ben, la vie est plus forte, mais d’une autre façon…