Un podcast de Radio France de 3′
Comment situer la colère dans nos passions ? Faut-il la réguler ?
On parle parfois d’une “juste” voire d’une “sainte” colère, comme si la colère, qui pouvait nous emporter dans des mouvements dangereux, dans des violences les uns à l’égard des autres, pouvait aussi être orientée dans le sens de la justice. Il est vrai que c’est toujours risqué, et que situer cette passion de l’injustice, qui refuse ce qui s’oppose à nous dans le cadre d’une éthique et des principes, est toujours difficile. C’est pourquoi l’un des grands problèmes de l’éthique c’est de situer la place de la colère.
Qu’est-ce qu’une « colère juste » ?
Faut-il la rejeter comme une passion toujours négative, en tant qu’elle est un mouvement impulsif de résistance à ce qui nous contrarie ? Faut-il la remplacer par la raison, par des grands principes rationnels d’action ? Ou bien faut-il s’en servir comme d’un moteur pour la justice ? Et même parfois la justifier, la revendiquer, comme le fait par exemple Albert Camus dans son grand traité, L’Homme révolté, avec la conscience des risques que la colère puisse tomber du côté de l’injustice, être mal orientée par la raison ou dans ses motifs. La question de ceux dont la colère porte une action militante révolutionnaire et parfois meurtrière se pose alors : la question de la colère juste est au cœur de la philosophie morale et de l’éthique. On parle d’une “sainte colère”, d’une “colère divine”, et dans la Bible on parle même du “courroux divin”, une colère qui ne peut pas se tromper, qui devrait tomber infailliblement sur le méchant. (…)
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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