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LNDT: @282. Le Quiet Quitting, une « tendance » qui a deux siècles ?

Un podcast de Radio France de 3′

Le « Quiet Quitting » ou La « démission silencieuse » en version française, vous allez en entendre parler ! Enquêtes, reportages, analyses, témoignages et bientôt test psycho « quel quiet quitteur êtes-vous ? » : l’expression est partout.

Et de fait ce mot clef apparu en juillet, cumule aujourd’hui près de 90 millions de vues sur la plateforme – baromètre des tendances – le réseau social TikTok.

Après la lame de fond de la « grande démission », le « Big Quit » qui concernait déjà près de 48 millions d’Américains en 2021, et plus de 500 000 démissionnaires en France au premier trimestre 2022 : voici donc la démission tranquille. Le « Quiet Quitting » ou le « Je ne me tuerai point… à la tâche ».

Pas d’heures sup, une déconnexion systématique en dehors des horaires de boulot, et le refus de s’impliquer toujours plus en risquant le burn out. Bref contre la culture de la performance faire son job et rien que son job.

Avec ces vidéos où l’on se met en scène en papotant au téléphone devant l’ordinateur, ces conflits générationnels « boomers versus glandeurs », et ces disparités entre ceux qui peuvent ralentir la cadence et les catégories socio-professionnelles (auto entrepreneurs, chauffeurs, livreurs ou autres) qui ne peuvent pas se le permettre.

Mais avant d’être à la fois un signe de changement ET une tendance aguicheuse de clics : le « quiet quitting » avait déjà pointé son nez dans la fiction. Au milieu des années 2000, la grande série sur l’absurdité du monde du travail s’appelle « The Office », et elle a popularisé le personnage de Jim qui a ses astuces pour en faire le moins possible… « Sommes-nous tous devenus des Jim ? » se demande le magazine l’ADN. Au fond, Jim est une version soft ou beige moquette d’une grande figure du refus au travail : le personnage de Bartelby au 19e siècle.

Le « quiet quitting » existe depuis presque deux siècles ?

En un sens oui ! Inventé par Herman Melville dans une nouvelle parue en 1853, Bartleby est un clerc engagé dans une étude essentiellement pour faire des copies. Après s’être montré travailleur il va refuser une à une toute les taches qu’on lui demande avec cette formule devenue célèbre « Je préfèrerais ne pas », « I would prefer not to ». Il y a dans le même mouvement une volonté très forte (puisque Bartleby refuse) et une volonté anéantie (puisqu’il préfère ne pas). Et ça résonne fortement avec notre époque.

Hunter Kaimi l’un des jeunes chantres du « Quiet Quitting » nous dit sur TikTok que l’idée même de faire des heures sup pour s’acheter son chez soi dans un monde qui ne sera peut-être même plus vivable dans 50 ans est tout aussi scandaleuse qu’ignare.

Le « quiet quitting » est aussi le reflet d’une question très contemporaine des enjeux climatiques, qui agite ces Bartleby du 21e siècle « A quoi bon ? ».

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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