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LNDT: @283. Faisons un effort, reposons-nous !

Un podcast de Radio France de 5′

Un récent sondage peut surprendre : 60 % des sondés indiquent préférer avoir plus de temps et gagner moins, plutôt que l’inverse. L’idée que l’on se fait du repos ne cesse de varier au cours du temps et de ses représentations. Remontons à la source !

Il semble que l’air du temps soit de repousser l’âge de la retraite passée à 62 ans en 2010, et d’allonger le temps de travail hebdomadaire, réduit à 35h en 2002 mais ajourné, modifié et amendé depuis. Et pourtant, la place que nous conférons au travail a changé, selon une note de la fondation Jean Jaurès parue en novembre. Alors que 60 % des Français considéraient le travail comme très important dans leurs vies en 1990 ce taux est tombé à 24 % en 2022. Une évolution inverse s’observe pour l’importance donnée aux loisirs, à la famille et aux amis, qui n’a cessé de s’accentuer. Effet renforcé par la pandémie ou le télétravail, l’espace et le temps alloués au « non travail » évoluent depuis de nombreuses années. Un récent sondage peut surprendre : 60 % des sondés indiquent préférer avoir plus de temps et gagner moins plutôt que l’inverse. L’idée que l’on se fait du repos ne cesse de varier au cours du temps et de ses représentations.

En matière de repos et de son histoire, on est tenté de regarder du côté de l’oisiveté ou de la paresse qui, sous le nom d’acédie, figurent parmi les sept péchés mortels. Il y a aussi de nombreux textes antiques. Hésiode par exemple, admoneste les paresseux, responsables selon lui de leur indigence. Mais le repos c’est autre chose, et c’est souvent, comme le dit l’expression, bien mérité. On prend une pause ou” un café bien mérité”, comme vous et comme la technique après cette matinale par exemple, on dit aussi des vacances “bien méritées”. Le repos est l’envers de la fatigue, il est le moyen de se régénérer après un effort. Il est aussi la condition de la poursuite de cet effort dans le temps. Dire ou se dire « il faut que je me repose », c’est formuler un besoin élémentaire, presque naturel.

Il y a un historien qui s’est penché sur cette « histoire du repos », c’est l’historien des sensibilités Alain Corbin, qui publiait Histoire du repos en mars 2022. Et que nous dit Corbin ? Qu’avant d’être un moyen d’éviter le burn-out, le repos est d’abord associé au repos éternel. Il passe au fil du temps du sacré vers le profane. Il se spatialise, se spécialise se légalise tout au long de la modernité.

C’est Montaigne dans ses Essais, nous sommes à la fin du XVIe siècle, qui revient plusieurs fois sur cette notion et qui l’associe avec l’idée de retrait, voire de retraite. Pour Montaigne, le repos, c’est ce moment où l’individu se dit : « c’est assez vécu pour autrui, vivons pour nous au moins ce bout de vie ». Se mettre en retrait ou en retraite implique beaucoup de choses pour le philosophe, il faut prendre congé « de toute espèce de travail« , « fuir les passions qui empêchent la tranquillité du corps et de l’âme« , abandonner toute forme d’ambition « qui est la plus contraire humeur à la retraite« , dixit Montaigne.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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