son kissing bearded father in cheek

LNDT: @334. Être père, une place à réinventer.

La place du père dans les sociétés démocratiques a connu un changement quasi-révolutionnaire en un demi-siècle. Quels sont les facteurs anthropologiques profonds à l’origine de cette mutation de la place du père ? Comment les femmes réagissent-elles à ces « nouveaux pères » qui se lancent à l’assaut de leurs domaines réservés ? Enfin, bébé ou enfant, comment perçoivent-ils la différence des sexes ? À leurs yeux, qu’est-ce qu’un père ?

Un dossier complet du site CAIRN à retrouver ici

« Mère au berceau, père au bistrot ! » : qui oserait prononcer cette phrase aujourd’hui sans craindre le ridicule ? Depuis les années 1970, le modèle familial d’une répartition rigide des rôles parentaux n’a cessé de décliner. L’évolution de la place du père est emblématique de cette transformation de la société. En quelques décennies, le père s’est imposé comme un acteur central de la vie de l’enfance. De la grossesse à l’entrée dans l’adolescence, il revendique un rôle auprès de lui qui ne dépend ni de la médiation ni de la suggestion de la mère ; pensons par exemple à la célèbre chanson de Daniel Balavoine de 1981, « Mon fils, ma bataille ».

Là où le père traditionnel était distant, nimbé dans son autorité de pater familias, là où il se contentait de pourvoir aux besoins élémentaires de sa famille, les « papas » d’aujourd’hui – qu’on appelle parfois les « nouveaux pères » – sont à l’écoute de leurs multiples exigences de présence, d’attention et de tendresse de leurs enfants. Ce qui était naguère risible pour un homme – « pouponner, biberonner, materner » – est aujourd’hui devenu la norme. Une norme affichée fièrement sur les réseaux sociaux où il n’est plus rare de voir écrit sur le profil de certains hommes : « je suis papa poule, papa cool et fier de l’être ! ».

On aurait raison de rattacher ce bouleversement à la libération des mœurs, à l’égalité des sexes et à l’émancipation des femmes. L’apparition du père dans la vie de l’enfant est bien le legs des conquêtes de l’esprit de Mai 68. La représentation communément admise d’une mère confinée dans l’allaitement et d’un père indifférent au bébé s’est entièrement fissurée. Il n’est pas excessif d’affirmer que la place du père dans les sociétés démocratiques a connu un changement quasi-révolutionnaire en un demi-siècle. Quels sont les facteurs anthropologiques profonds à l’origine de cette mutation de la place du père ? Comment les femmes réagissent-elles à ces « nouveaux pères » qui se lancent à l’assaut de leurs domaines réservés ? Enfin, bébé ou enfant, comment perçoivent-ils la différence des sexes ? À leurs yeux, qu’est-ce qu’un père ? Est-ce un homme, un tiers ou simplement un « écart » par rapport à la mère ?

À partir de trois textes, ce dossier propose d’interroger les contours de ce modèle du père à réinventer.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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