Un podcast de 30′ de Radio France
Par Carole Bailly. Stephen, informaticien issu d’une famille tradi, organise chez lui des “brunchs partouze” planifiés avec un logiciel adhoc. Les participant.e.s y signent une charte encadrant leur consentement. On y découvre que la sexualité des hétéros est devenue inventive.
Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français. Ce nouvel épisode explore celles qui se vivent à plusieurs.
Attention : cette série contient des témoignages explicites sur des pratiques sexuelles, assortis de détails précis. À ne pas mettre entre toutes les oreilles.
Stephen a grandi dans un milieu où les questions de sexualité et de relations amoureuses ne sont pas abordées. Sa première relation sérieuse dure six ans, suivie d’un mariage qui ne l’épanouit pas. Au festival Burning Man, dans le désert du Nevada, Stephen découvre une manière plus spontanée et authentique de se connecter aux autres. Cette expérience agit comme un électrochoc : à son retour en France, il décide de mettre fin à son mariage.
« Il y avait un tel décalage entre ce que j’avais vécu là-bas et mon retour en France… Je me suis dit que ce n’était plus possible. »
C’est avec sa compagne actuelle, Sophie, que Stephen explore de nouvelles formes de sexualité. Ensemble, ils fréquentent des clubs libertins et des saunas échangistes. Mais l’arrivée de la Covid met fin à ces pratiques. À la fin du confinement, un couple d’amis leur suggère d’organiser leurs propres soirées libertines chez eux : Stephen et Sophie se lancent dans ce projet en organisant dans un premier temps des apéros, puis avec le couvre-feu, également des brunchs libertins en pleine journée. “Il n’y a pas de raison de ne pas pouvoir finalement passer un bon moment, que ce soit en journée ou en soirée. C’est très conventionnel. D’ailleurs, les personnes âgées l’ont bien compris, ils organisent des thés dansants !”
Ces brunchs sont soigneusement encadrés par une charte axée sur le consentement et la bienveillance. Stephen insiste sur l’importance de laisser place à la spontanéité et à l’enthousiasme, en évitant par exemple de montrer à l’avance les profils des participants, afin de favoriser des rencontres authentiques.
« Une partouze, ce n’est pas forcément glauque. C’est juste un moment où l’on passe un bon moment ensemble, une envie assez sérieuse d’expérimenter le fait d’être très nombreux et un peu noyés dans la masse. »
Alexia, 35 ans, rêve depuis longtemps d’explorer la sexualité de groupe. Après qu’une amie lui a parlé d’un couple organisant ce type d’évènement, elle décide d’y participer seule, bien que l’idée l’intimide. Poussée par son esprit aventureux, elle choisit de se lancer malgré ses doutes. “Ce qui m’inquiétait, c’était plus l’attitude des gens, le respect, le consentement.”
Arrivée sur place, Alexia découvre une ambiance conviviale et bienveillante. Le lieu est agréable, les invités apportent à boire et à manger, et les conversations fluides permettent de briser la glace. Progressivement, l’ambiance évolue et devient plus intime lorsqu’une participante propose des jeux sensoriels. “J’ai juste besoin de fondre. De m’abandonner, de lâcher le contrôle, d’être prise en charge.”
« C’est comme si on n’avait plus vraiment de limites de corps. »
Alexia décrit l’expérience comme une immersion sensorielle et émotionnelle. Elle vit des moments intenses avec plusieurs personnes, dont une femme avec qui elle développe une connexion douce et inattendue. L’acceptation des corps variés et la liberté de chacun de s’exprimer rendent l’expérience particulièrement enrichissante. “Il y a des femmes girondes, des femmes très minces et j’ai l’impression que tout le monde est très à l’aise avec son corps. C’est ok d’être pliée en deux, d’avoir un bourrelet, c’est ok d’avoir des vergetures.”
