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LNDT: @351. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 6/13 : Sexualité des 18-29 ans : ce qui a vraiment changé

Un podcast de 29′ de Radio France

Par Pauline Verduzier. Baisse de la fréquence des rapports, augmentation du nombre de partenaires, place centrale du consentement, bisexualité, redéfinition des genres et des orientations : les plus grands bouleversements des vingt dernières années concernent la sexualité des 18-29 ans.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français. Dans ce nouvel épisode, place aux jeunes ! série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français. Ce nouvel épisode explore celles qui se vivent à plusieurs.

Lors de ses premiers rapports sexuels, Zoé, 21 ans aujourd’hui, ne se posait pas la question de son envie et ne savait pas situer son désir. Même si son partenaire était tendre et attentionné. Elle a alors 19 ans, la première fois où un garçon essaie vraiment de la faire jouir. Très vite émerge la notion de consentement et celle des limites de chacun. “On s’est donné à fond, c’était vraiment un échange en toute confiance.

“On avait mis en place un “safeword” : quand on disait le mot “rouge” tout devait s’arrêter.”

Zoé met fin à la relation et part au Vietnam, où elle est réceptionniste dans une auberge de jeunesse à Hanoï. Elle y croise plein de gens : “C’étaient des nouvelles têtes, des nouvelles rencontres, tout était possible. Mais restait cette peur de faire l’amour avec un inconnu qui ne soit pas à l’écoute de ma parole.” C’est une période formatrice pour Zoé qui avait “besoin de sentir cette liberté”.

De retour en France, elle recroise son ex-copain, avec qui elle se remet en couple. Au début, ils font très peu l’amour. “C’est le premier sujet qui est apparu sur la table. On s’est rendu compte que le simple fait de se retrouver et de se toucher simplement, de faire des câlins, de prendre conscience du corps de l’autre, c’était suffisant.” Il sera très présent pendant les périodes de doute que traversera ensuite Zoé.

Koy a 25 ans. Avec son premier copain, la pénétration n’est pas tout de suite évidente. Il a très mal. Son partenaire lui fait comprendre qu’il est déçu. “Je me souviens me dire qu’il fallait que je me prépare à être pénétré pour qu’il puisse avoir accès à ça.” Un mois plus tard, tous les deux entrent dans une relation “hyper sexuelle”. Mais son partenaire voit un autre homme : après une période pendant laquelle ils continuent à se voir et à coucher ensemble alors que Koy est au courant, ce dernier décide de mettre fin à la relation.

“Je voyais le sexe comme quelque chose de dû, une preuve que le couple est fonctionnel.”

Koy prend conscience qu’il est plus à l’aise dans une position d’actif : “Dans mes premières relations, il y avait une soumission, j’étais un peu un objet sexuel. J’ai compris que je n’aimais pas être un homme passif, donc je suis passé de l’autre côté et je suis devenu actif. Alors, j’ai pris plus conscience du consentement.

À 23 ans, Koy rencontre un garçon avec qui il construit quelque chose de “très honnête” : ils s’écoutent et verbalisent le consentement.

“C’est un “feu l’amour” de demander le consentement parce qu’une fois que c’est validé, c’est tellement plus simple de se lâcher.”

Koy s’est récemment rendu compte qu’il était demi-sexuel : il ne peut avoir de rapport sans attachement émotionnel fort, autre que physique. “Le sexe se doit d’être un partage. Si on ne fait plaisir qu’à l’autre, ce n’est plus un partage.

Quant à lui, Lucas réalise dès le début de son adolescence qu’il est attiré non seulement par les filles, mais aussi par les garçons. Pour se prouver qu’il est bi, il se sent obligé d’avoir des rapports sexuels avec des garçons, sans se poser la question du consentement. Avec sa première copine, ils décident d’ouvrir leur couple, ce qui permet à Lucas d’avoir des relations avec des garçons. Des relations non seulement sexuelles, mais aussi affectives. “Je n’avais pas une quantité fixe de désir et d’affection à donner.

“Quand je repense à ma vision très performative du sexe, ça me paraît complètement absurde.”

Lucas demeure un certain temps attaché à la durée des rapports et leur fréquence pour en mesurer la qualité et le plaisir qu’il en tire… jusqu’à sa relation avec une amie du lycée : “J’étais ravi de pouvoir vivre une intimité très forte avec cette amoureuse, sans cette pression d’avoir des rapports dès le début, de le faire fréquemment.” La pénétration est douloureuse, ce qui conduit Lucas et sa partenaire à faire évoluer leur sexualité : “Le plaisir le plus fou pour elle, c’était juste d’être dans mes bras et de se masturber. Lui embrasser le cou, le ventre, le poignet, lui caresser les oreilles, c’était très excitant pour moi.

L’amoureuse actuelle de Lucas a été déstabilisée par toutes les questions qu’il pose pour s’assurer de son consentement et pour situer son désir, des questions qu’elle considère être des “tue l’amour”. Finalement, elle se rend compte que cette “culture positive du consentement” leur permet de faire des choses que Lucas n’aurait pas été à l’aise de faire sans être sûr qu’elle y consentirait. “Ce sont des vagues qui nous attrapent dans ce qu’on est en train de faire, du désir qui arrive comme ça et auquel on a la liberté de répondre ou pas.

Merci à Zoé, Koy, Lucas et Ilaria. Merci à Armelle Andro.

  • Reportage : Pauline Verduzier
  • Réalisation : Emily Vallat

Musique de fin : “Butterfly”, Léonie Pernet – Album : Crave (2018)

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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