Un Podcast de Radio France – Épisode 1/20 : « Ça fait tellement peur de partir… »
Épisode 1/20 : « Ça fait tellement peur de partir… »
À la veille de partir en Roumanie poursuivre ses études, Maya sanglote dans sa chambre d’ado. Qui est-on au sortir du lycée ? Premier épisode de la série documentaire « À nos 20 ans » de Tony Hayère, qui propose de suivre pendant une année six jeunes hommes et femmes au seuil de l’âge adulte.
Dans ce premier épisode, Maya est dans sa chambre chez ses parents à Douarnenez, et elle pleure. Elle a 19 ans. Elle part le lendemain en Roumanie, pour démarrer ses études dans une école vétérinaire. Elle a la sensation qu’elle ne retrouvera jamais vraiment cette chambre. Un peu plus tard, elle passe sa première journée seule. Prend son premier repas. Elle se confronte au silence.
C’est quoi grandir ?
Que signifie quitter sa chambre d’enfant ? Se retrouver loin des siens ? Se faire à manger seule et affronter le silence ? Ou peut-être est-ce que tout ça a un sens ? Maya trouvera-t-elle l’amour en Roumanie ? Tony Hayère a rencontré la jeune fille en 2020, quand elle était en classe de première, à l’occasion d’une résidence artistique dont le documentariste et photographe a bénéficié dans un lycée de Douarnenez, dans le Finistère.
Autour de Maya, on écoute des anciens de sa classe : sa sœur jumelle Lola, Lucas, un p’tit blond nonchalant, Pierre, un grand brun à lunettes avec la voix grave, Lulla, une jeune fille rêveuse aux cheveux infiniment longs et son amoureux, et Dylan, un garçon bien organisé et toujours pressé. Trois ans après cette première rencontre lors de la résidence au lycée, tous ont quitté l’établissement, voire Douarnenez. Tony Hayere les re-contacte alors en leur faisant une demande simple mais engageante : s’auto-enregistrer dans leur quotidien, dans ce passage de l’adolescence à l’âge adulte.
La petite bande qu’ils formaient à l’époque s’était dispersée. Le lien indéfectible entre eux était devenu fragile, amenant chacun et chacune à se tourner vers d’autres relations, à s’ouvrir au monde. Incertains de leur avenir, ils allaient faire l’expérience de la solitude, de l’autonomie, de la précarité, du contrôle du temps, des nouvelles premières fois, du désir, mais aussi de la nostalgie… celle de ces années passées, qui resteraient, parfois pour des raisons contraires, inimitables.
Qui est-on lorsque l’on quitte le lycée ?
Dylan, Lucas, Lulla, Maya et Pierre ont accepté de partager leur quotidien et leurs réflexions, à l’aide de leur téléphone portable ou des moyens du bord, pour laisser une trace dans le temps, pour documenter ces 20 ans qui nous rappellent que c’est l’âge auquel nous venons une seconde fois au monde. Réalisés par eux et elles, entre février 2023 et avril 2024, voici leurs enregistrements, restitués et montés dans cette série de 20 épisodes.
J’aime ça :
J’aime chargement…
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
Afficher tous les articles par MICHEL AKRICH