Un podcast de Radio France (3′)
Ce sigle est né dans les années 80 et signifie : « trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité ». Il englobe donc des enfants incapables de rester attentifs et parfois également agités. Ils n’arrivent globalement pas à contrôler leur pensée, leur comportement et leurs émotions.
Je ne souhaite pas remettre ici en question l’existence de ce trouble face à certains rares enfants ayant par exemple subi des atteintes pré-frontales après des vécus de prématurité, d’alcoolisme fœtal, de manque d’oxygénation à la naissance ou autres anomalies biologiques précoces. Mais ces cas très particuliers ne concernent pas les 11% d’enfants américains (oui, plus d’un sur dix !) actuellement diagnostiqués TDAH et avalant tous les matins leur petit comprimé avant d’aller à l’école.
Ce chiffre est énorme. Et la France suit ce chemin. La Cour des Comptes a récemment révélé une explosion de la prescription des médicaments pour troubles psy chez les enfants et adolescents français.
Et ce panorama vous laisse un goût amer…
Oui. Parce que poser ce diagnostic est très compliqué et qu’il n’y a pas de trace claire et indiscutable du TDAH dans le cerveau. Ce diagnostic peut donc faire l’objet d’erreurs, et en l’occurrence, de sur-diagnostic. Or, la littérature neuroscientifique s’accorde à dire, par ailleurs, que ce trouble ne se soigne pas, qu’il est incurable. Il ne peut qu’aspirer à trouver une voie d’apaisement, et celle-ci est médicamenteuse. Le risque de surdiagnostic entraîne donc, en toute logique, un risque de « surprescription« .
La molécule qui traite le TDAH est un psychostimulant dérivé d’amphétamines (vous le connaissez sans doute sous l’un de ses noms commercialisés, la @Ritaline). Et hors contexte de soin, cette molécule appartient à la famille des stupéfiants, ce qui lui vaut d’être parfois surnommée « drogue des enfants » ou « opium de la population scolaire ». Son action n’est pas anodine et peut avoir de lourds effets secondaires sur l’alimentation, le sommeil ou la croissance.
Dans un contexte où la pédopsychiatrie est très affaiblie par le manque de moyens et les suppressions de postes, on imagine sans mal combien il est facile, là encore, de glisser dans la « catégorie fourre-tout » du TDAH et de son remède médicamenteux rapide qui soulage de façon spectaculaire l’enfant en le délestant de ses symptômes, et, bien sûr, sa famille avec lui. Mais sans prendre le temps de comprendre quelle souffrance intime ces symptômes cachaient.
La suite à écouter …
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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