LNDT: @437. Comment surmonter psychologiquement la crise internationale que nous traversons ?

| Un podcast Radio France (46′)

À l’occasion de la journée spéciale de France Inter consacrée au nouveau désordre mondial, Grand bien vous fasse donne des clés pour surmonter le stress et l’anxiété qui nous accaparent face à une actualité anxiogène et l’incertitude du monde. Sans pour autant se voiler la face.

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Comment surmonter psychologiquement l’impact de la crise internationale que nous traversons ? Peur de la guerre, peur de lendemains qui déchantent, peur que nos démocraties européennes ne résistent pas aux coups de boutoir de l’impérialisme trumpien et de l’autocratie poutinienne ? Comment faire face, alors que nous sommes de plus en plus nombreux à avoir l’impression de vivre dans une dystopie, cette représentation pessimiste du futur ?

« Le jeune public, que ce soit dans le cinéma ou la littérature, a toujours lu de la dystopie, a toujours aimé cette forme de science-fiction, observe la journaliste de Télérama, Guillemette Odicino. Avant, c’était peut-être une manière de ne pas y croire. La sidération vient du fait que des choses qu’on estimait absolument impossibles, que nos parents nous ont appris comme le pire du pire, qui ne reviendrait pas, et bien, ça revient… »

La confusion entre le bien et le mal

La philosophe Laurence Devillairs dénonce un « confusionnisme »  anxiogène : « La confusion du vrai et du faux a mené à la confusion du bien et du mal. Pour lutter contre ce confusionnisme, il est très important de nommer très précisément les choses pour les dénoncer et pour agir ». Mais aussi, ajoute-t-elle, de ne pas être dans la caricature ni dans la réaction permanente aux positions que l’on prête au « camp adverse ». « Le confusionnisme naît quand on ne pense plus, mais qu’on dresse des barricades. Quand il n’y a que de la croyance, il n’y a plus d’intelligence. »

Elle souligne néanmoins un bénéfice de la situation actuelle : « Le fossé des générations est moins important. Il y a quelque chose qui nous rapproche, c’est l’envie de surmonter la peur, d’agir et de comprendre. Je trouve qu’on n’a jamais été aussi proches les uns des autres, quel que soit l’âge qu’on a. »

Conseils pratiques face à l’anxiété

Cette confusion produit de l’anxiété car elle génère de l’insécurité, explique la psychiatre Aurélia Schneider. Pour la surmonter, elle avance trois recommandations : « Premier point : l’information, il faut la choisir et choisir le moment où on la reçoit. Le deuxième point, c’est qu’il faut continuer d’agir dans son quotidien. L’action que chacun peut avoir dans son métier, dans ses relations sociales, est fondamentale. » Troisième conseil : « Le soir, demandez-vous ce qui vous a fait plaisir trois fois dans la journée ».

Guillemette Odicino, elle, conseille de voir ou de revoir certains films qui font étonnamment écho à l’actualité, et peuvent aider à mieux l’affronter. Comme Bienvenue à Gattaca, d’Andrew Niccol, dans lequel « la résistance humaine l’emporte contre un système de perfection totalitaire ». Ou Harvey Milk, de Gus Van Sant, l’histoire du premier élu ouvertement gay de l’histoire américaine, qui va commencer à militer seul avant d’attirer autour de lui une véritable révolution. « Un leader qui prouve à quel point le courage individuel peut devenir un courage collectif. Ça fait un bien, je ne vous dis pas ! »

Invités

  • Laurence Devillairs, docteure et agrégée de philosophie, habilitée à diriger des recherches à Sorbonne Université. Dernier livre : La Splendeur du monde (Stock 2024)
  • Aurélie Huz, maîtresse de conférence en littérature française à l’université Paris-Nanterre, spécialiste de la science-fiction et des cultures médiatiques
  • Aurélia Schneider, psychiatre spécialisée dans les thérapies comportementales et cognitives, ancienne interne des hôpitaux de Paris. Auteure de La charge mentale des femmes… et celle des hommes (Larousse, 2018)
  • Guillemette Odicino, journaliste et cheffe de rubrique cinéma à Télérama, chroniqueuse sur France Inter

La chronique « Les Français, mode d’emploi » de Jean-Laurent Cassely

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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