Un podcast de Radio France (37′)
Faut-il être fou pour soigner les malades mentaux ? Réponse avec la psychiatre au micro de Nicolas Demorand qui évoque aussi la beauté de son métier, sa perception par la société, l’évolution des soins, des moyens, et comment elle se protège de la difficulté de son métier.
Choisir la psychiatrie quand on est étudiant en médecine reste encore aujourd’hui un choix qui surprend, voire qui dérange. Sarah Smadja, cheffe du service d’hospitalo-universitaire au GHU Psychiatrie Paris, Sainte-Anne, et directrice médicale de la Fondation Pierre Deniker, revient sur la réalité quotidienne d’une discipline mal-aimée, sous-dotée, mais qu’elle défend avec passion.
Un métier à contre-courant, porté par une vocation
La psychiatrie reste, dans les classements des internes en médecine, l’un des derniers choix de spécialité. Sarah Smadja y voit d’abord le reflet d’une stigmatisation sociale qui dépasse les patients eux-mêmes : « Cette stigmatisation des patients se transmet aux familles, et aussi à leurs soignants. » Issue d’une famille dans le soin — père psychiatre, mère infirmière en psychiatrie —, elle dit avoir été « choisie par la psychiatrie » autant qu’elle l’a choisie.
Ce qu’elle oppose aux réticences de ses pairs, c’est une conviction profonde : « Il faut peut-être être un peu fou et avoir un petit grain de folie pour choisir cette spécialité. Mais la psychiatrie, c’est tellement beau et tellement complet. » Une beauté qu’elle trouve dans la complexité de chaque patient, dans la créativité que réclame le soin, et dans les liens tissés au fil des années avec des personnes que la maladie a parfois tout pris.
Soigner sans réduire : médicaments, lien thérapeutique et co-construction
Loin de l’image d’une discipline réduite à la prescription de médicaments, Sarah Smadja défend une psychiatrie « intégrative », associant neurobiologie, psychothérapie et accompagnement social. Sur le terme de « camisole chimique », elle est directe : « La camisole, c’est la maladie qui enferme, et isole le patient. Le but du traitement, quand il est bien utilisé, c’est de libérer. » Elle salue par ailleurs une évolution majeure dans la relation soignant-soigné : fini le médecin qui impose, place à la co-construction du projet de soins. La « pair-aidance » — des anciens patients, ou aidants, qui témoignent auprès des patients actuels — illustre selon elle ce changement de paradigme.
Sur la question de la déprescription, sujet en plein essor, elle reconnaît que « pendant trop longtemps, on n’a pas osé y toucher à ces traitements au long cours », et que la psychiatrie s’attelle désormais, plus qu’avant, à réduire les ordonnances au strict nécessaire.
La suite est à écouter…
Si besoin est un podcast écrit par Nicolas Demorand, réalisé par Lola Costantini, préparé par Amélie Stadelman et Mathilde Khlat et mixé par Basile Beaucaire.
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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