Un podcast de Radio France (43′)
Comédienne, autrice, humoriste, Constance est de retour, sur scène, avec un magnifique éloge de l’inconstance, des creux, des bosses, des failles, peut-être, d’où peut surgir l’intelligence…
« Au centre, on écrit beau, on écrit droit, on écrit bien – enfin, c’est ce qu’on croit. Ah, on met des points sur les i, oh non, des ronds, c’est plus joli. La marge, c’est pour les ratures, pour les fêlures, pour les bavures, c’est pour l’accroc dans le tableau, et c’est la tache dans le décor : on raye, on barre, encore, encore… En Marge, il y a ce qu’on n’est pas : pas hétéro, pas blanc, pas beau, au centre la vierge effarouchée, et vire-moi donc toutes ces traînées, trans-gressives et têtes brûlées, inconséquentes, impertinentes, inconscientes ou pire… Inconstantes. C’est le coup de canif dans le conte de fée, allez, allez, on les efface, surtout, qu’elles ne laissent aucune trace.
Au centre horizon dégagé, c’est clair, c’est net, c’est bien rangé, et je te le dis par A+B, que c’est bon la binarité… »
La vérité ? C’est un peu plus complexe que ça.
La vocation de comédienne de Constance
Constance a toujours voulu être comédienne, mais ce n’était pas pour être connue, pour avoir de l’argent, pas pour avoir du succès, c’était pour être heureuse. Très jeune, elle avait déjà ce discours-là. Elle explique : « En fait, quand on est sur scène, on peut être qui on veut, on peut faire ce qu’on veut, on peut dire ce qu’on veut. C’est magnifique en fait, c’est une ouverture vers l’absolu, vers l’infini. Il n’y a pas de limite. Et il n’y a pas besoin de faire des grandes études, il n’y a pas besoin de choses compliquées. Il faut une scène, de la lumière, quelques bouts de tissu, il faut raconter une histoire, et des gens qui viennent écouter. C’est hyper simple, en même temps, c’est génial. »
Lors de ses premiers castings, ça ne marche pas vraiment. Elle tente les écoles de théâtre privées, mais ça ne fonctionne pas non plus. Un jour, elle ouvre la porte des cafés-théâtres, et elle se sent au bon endroit. Elle écrit, joue et enchaîne les « seul en scène ». En 2008, premier seul en scène, « Je suis une princesse bordel ». En 2012, « Les mères de famille se cachent pour mourir ». Et puis un jour, elle commence à participer à l’émission de Laurent Ruquier, « On ne demande qu’à en rire ».