Un podcast de Radio France de 15′
Sophie Fontanel publie « Admirable » (Seghers), un livre où elle imagine un monde où les rides n’existent plus : les gens vieillissent et meurent, mais sans traces visibles. Elle est l’invitée de Léa Salamé.
Avec
- Sophie Fontanel Journaliste et écrivaine
Sophie Fontanel ose de plus en plus se confronter aux tabous de la société. Longtemps, elle a été une journaliste de mode reconnue, respectée, et célèbre. Depuis dix ans, elle aborde les sujets de l’époque : l’abstinence sexuelle, elle-même a écrit un livre dessus, la nudité, elle a posé nue à 59 ans dans le magazine ELLE. Elle a assumé ses cheveux blancs depuis toujours. Dans son dernier roman, l’histoire d’Admira, la dernière femme ridée sur terre, qui paraît chez Seghers, elle évoque le tabou de la vieillesse qu’on ne veut plus voir. Elle est devenue une sorte de sociologue de l’époque.
Une absence de modèle âgé qui assume
Pour Sophie Fontanel, « La littérature permet de modifier le destin. » Son livre évoque Admira recluse dans un village grec. Elle rencontre un jour un homme qui manque de s’évanouir choqué par ses rides. Il lui révèle que grâce à un médicament très accessible ces stigmates du temps ont disparu. L’idée d’une telle histoire est venue à Sophie Fontanel après le constat de n’avoir aucun modèle de femme ridée, non refaites, auquel se référer : « Il y avait bien Charlotte Rampling, mais elle est un peu grave. Et je n’ai pas pensé à Fanny Ardant ! Un jour avec la photographe Dominique Issermann, on se disait que s’il y avait une pulvérisation, ou un médicament miracle qui enlèverait les rides, on le prendrait. J’ai donc imaginé ce qui se passerait si on cédait tous à cette tentation. On mourrait jeune, donc on vivrait dans le malheur… »