photo of an old woman

LNDT: @297. Sophie Fontanel : « La peur de vieillir, on n’a pas le droit de juger comment quelqu’un se débat avec »

Un podcast de Radio France de 15′

Sophie Fontanel publie « Admirable » (Seghers), un livre où elle imagine un monde où les rides n’existent plus : les gens vieillissent et meurent, mais sans traces visibles. Elle est l’invitée de Léa Salamé.
Avec

Sophie Fontanel ose de plus en plus se confronter aux tabous de la société. Longtemps, elle a été une journaliste de mode reconnue, respectée, et célèbre. Depuis dix ans, elle aborde les sujets de l’époque : l’abstinence sexuelle, elle-même a écrit un livre dessus, la nudité, elle a posé nue à 59 ans dans le magazine ELLE. Elle a assumé ses cheveux blancs depuis toujours. Dans son dernier roman, l’histoire d’Admira, la dernière femme ridée sur terre, qui paraît chez Seghers, elle évoque le tabou de la vieillesse qu’on ne veut plus voir. Elle est devenue une sorte de sociologue de l’époque.

Une absence de modèle âgé qui assume

Pour Sophie Fontanel, « La littérature permet de modifier le destin. » Son livre évoque Admira recluse dans un village grec. Elle rencontre un jour un homme qui manque de s’évanouir choqué par ses rides. Il lui révèle que grâce à un médicament très accessible ces stigmates du temps ont disparu. L’idée d’une telle histoire est venue à Sophie Fontanel après le constat de n’avoir aucun modèle de femme ridée, non refaites, auquel se référer : « Il y avait bien Charlotte Rampling, mais elle est un peu grave. Et je n’ai pas pensé à Fanny Ardant ! Un jour avec la photographe Dominique Issermann, on se disait que s’il y avait une pulvérisation, ou un médicament miracle qui enlèverait les rides, on le prendrait. J’ai donc imaginé ce qui se passerait si on cédait tous à cette tentation. On mourrait jeune, donc on vivrait dans le malheur… »

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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