Un podcast de Radio France de 27′
Premier épisode de la série documentaire « La Clinique de l’amour », en immersion dans l’intimité de couples en thérapie. Un psychiatre et une thérapeute tentent de réparer l’amour auprès de couples usés par le temps ou au bord de la rupture.
Dans un hôpital public du sud de la France, un psychiatre et une psychologue reçoivent des couples au bord de la rupture. Les patients viennent à deux, parfois avec leurs enfants et exposent les malentendus, les vieilles histoires. Ces conflits qui ont fragilisé l’amour : charge mentale, argent, fréquence des rapports sexuels… Rancœur et espoir se mêlent. Alors commence le travail : parler, écouter l’autre, faire face ensemble…
Episode 1 : Partir ou rester ?
Les époux Martin ont la soixantaine. Mariés depuis dis-sept ans, ils sont en pleine crise de couple, et se sont décidés à consulter. Face à eux, un duo de praticiens, un homme et une femme, recueillent et analysent leur parole.
Elle est là à regarder constamment tout ce que je fais. Un exemple : je jette quelque chose à la poubelle, elle va automatiquement aller regarder ce que c’est. (…) Ce sont plein de détails mineurs qui, tous les jours, m’agacent et me pèsent beaucoup.
D’après la psychologue, il faut en passer par des détails techniques, du quotidien, pour faire émerger des problématiques plus importantes :
Derrière tous ces reproches sur des choses très concrètes de la vie quotidienne, il est question de quelque chose de plus profond : « J’ai une autre demande, qui est celle d’exister auprès de toi.
Mais rapidement, le couple Martin en vient à l’enjeu central, autour duquel se cristallisent disputes et incompréhensions.
Ce que je reproche à ma compagne c’est d’être plus mère que femme, d’être moins présente pour les côtés affectifs. J’ai besoin d’être tactile, qu’on me touche, qu’on me fasse des bisous. (…) Avoir une compagne qui se refuse à vous m’a amené à une frustration énorme. Cela m’a poussé à une première tentative de suicide, puis dans un départ vers une autre conquête.
Quand je suis revenu, il y avait des améliorations. Elle avait maigri car elle avait pris énormément de poids avec les deux grossesses. Mais j’aimerais des avancées sur le plan affectif.
Il y a un autre problème : ma compagne est obsédée par les devoirs. Les week-ends sont entièrement consacrés aux devoirs, il n’y aucune place pour la vie de couple.
Pour le thérapeute, ce travail d’écoute, auprès du couple Martin comme pour les autres, permet de faire apparaître les scénarios infantiles de chaque individu :
On peut supposer que cet homme exprime à travers ces demandes sexuelles une demande de reconnaissance, d’écoute. On peut faire l’hypothèse que c’est quelque chose qui lui a manqué dans son histoire. Le travail de la thérapie c’est aussi de faire apparaître les scénarios infantiles de chacun, et comment ils entrent en résonance et finissent parfois par bloquer.
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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