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LNDT: @347. Série: dernières nouvelles du sexe – Épisode 2/13 : Le nouvel âge des premières fois

Un podcast de 23′ de Radio France

Par Pauline Chanu. L’âge du premier rapport sexuel augmente sensiblement depuis vingt ans. Certain.e.s continuent toutefois de s’interroger : qu’est-ce c’est, exactement, une première fois ? Avec Mathias qui a vomi. Liam qui s’est endormi. Clara qui a attendu d’avoir 30 ans.

Dans cette série « Dernières nouvelles du sexe » des Pieds sur Terre, on découvre des témoignages intimistes sur la sexualité d’aujourd’hui, à l’aune d’une nouvelle enquête scientifique de l’Inserm qui pointe du doigt les changements de pratiques des Français.

Dans ce deuxième épisode, trois témoins nous parlent de leurs premières fois.

« Dans les films pornographiques, on a l’impression que c’est l’homme qui domine. Donc, je pensais devoir diriger le rapport, et il ne fallait pas que je me loupe. »

« C’était le soir du match France contre Suisse à l’Euro 2016, avec ma copine de l’époque », se rappelle Mathias. Il était stressé d’avoir sa première relation sexuelle, stressé par le poids des injonctions “à assurer ». Plus expérimentée que lui, c’est sa partenaire qui guide Mathias. « Ça m’a beaucoup étonné à quel point j’ai aimé, et à quel point ça ne me lassait pas d’embrasser quelqu’un pendant des heures sans s’arrêter. »  Mais juste avant la première tentative de pénétration, tout se complique pour Mathias : la pression de provoquer l’orgasme chez sa partenaire le fait vomir.

En l’absence de pénétration, Mathias ne sait pas s’il doit dire à ses amis qu’il est — ou non — encore vierge. “Dans le doute, je répondais oui, et je voulais recoucher le plus vite possible pour ne pas avoir à mentir trop longtemps.”  Finalement, il n’est pas transcendé par l’expérience de la pénétration : « J’avais moins l’impression de vivre une nouveauté ».

Liam, personne transmasculine, est dessinateur dans l’animation 2D. Il avait 18 ans le jour de sa première fois. Il se rappelle la douceur de la peau de la personne avec qui il a partagé ce moment. « On a commencé par utiliser un masse-tête puis à se caresser le dos, les bras et le reste du corps, lentement. Cette lenteur créait une tension très agréable. Puis, on a fini par enlever certains de nos vêtements. Je ne me rappelle plus si on s’est embrassé. […] Ça a duré trois ou quatre heures et on s’est endormi dans les bras l’un de l’autre. »

« Pendant plusieurs années, je me suis demandé si c’était ma première fois ou pas, comme il n’y avait pas eu d’organes génitaux impliqués. »

Liam s’est rendu compte seulement récemment, que ce rapport sexuel, c’était sa première fois. « On oublie trop l’aspect érotique du désir, tout ce qui a trait aux préliminaires, qui est aussi important que tout le reste. » Cette prise de conscience a changé son rapport à la sexualité : il est plus attentif aux câlins, aux caresses sur les parties du corps où la peau est fine, comme à l’intérieur des cuisses ou en bas du dos. « On manque de représentations d’une sexualité corporelle, où tout le corps est impliqué.« 

Clara a 33 ans. Elle raconte qu’à 21 ans, elle a subi une hyménectomie pour se faire enlever l’hymen, qui présente des signes anormaux. Cette opération met entre parenthèse ses désirs adolescents. Plusieurs années passent sans qu’elle ait beaucoup d’occasions de rencontres. Mais la lecture et le visionnage de films lui suffisent pour comprendre qu’il existe une véritable pression sociale quant au fait de perdre jeune sa virginité. « J’avais une idée de la sexualité assez violente, et en même temps, j’avais peur de ne pas connaître l’amour, de finir vieille fille.« 

“La virginité, il y a un moment où ça devient suspect. Soit ça ne plaît plus aux hommes, soit ça plaît à ceux qui sont dans un délire BDSM et qui aiment les vierges effarouchées.”

À 28 ans, elle se fait un groupe de copines qui les acceptent, elle et sa virginité. De bons conseils, elles l’entourent et l’encouragent. « Elles m’aidaient à aller vers la découverte de la sexualité », témoigne Clara. Sa première fois, elle l’a faite avec un homme qui ne la presse pas. C’est au lendemain de leur première nuit dans le même lit qu’ils couchent ensemble. « Je lui ai dit merci, parce que c’était comme ça que je voulais que ça se passe. »

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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