boy and girl sitting on bench toy

LNDT: @463. Épisode 5/5 : Se mettre à nu

Un Podcast de Radio France (11′)

Dans ce cinquième et dernier épisode, à la manière du « Fantastic Mr. Fox » de Wes Anderson, Younès Boucif explore la mise à nu pour déclarer l’amour. Il évoque la spontanéité et la franchise naturelle des enfants lorsqu’ils abordent ce sujet. Une candeur enfantine qui pourrait nous inspirer.

Avec

  • Younès Boucif, acteur et rappeur

Dans la comédie d’animation Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson, Younès Boucif souligne la transformation du personnage principal : d’abord voleur de poules, Mr. Fox doit renoncer à cette vie suite à son mariage avec Felicity, qui souhaite le voir devenir un père de famille respectable. Face à une situation mettant sa famille en danger mortel, il choisit le sacrifice personnel pour sauver les siens et se met à nu une dernière fois face à son épouse en justifiant ce geste par un besoin pathologique d’être aimé.

L’acteur Younès Boucif a interprété des rôles de stand-uppeur amouraché dans la série Drôle (Netflix), ou d’un amoureux réservé dans la série Amours solitaires (FranceTV et Arte). Et il a évoqué ses relations au détour d’une poignée de punchlines de rap.

Oser l’authenticité pour l’être aimé

Arme ultime pour déclarer sa flamme : la vulnérabilité. L’acteur-rappeur interprète la confession de Mr. Fox à son épouse comme une véritable déclaration d’amour. En révélant son besoin constant d’être le meilleur et en reconnaissant ce défaut peu flatteur, Mr. Fox fait preuve d’une rare fragilité. C’est grâce à cette sincérité intime et cette capacité touchante à montrer ses faiblesses qu’il maintient leur relation à flot.

Se mettre à nu ou mettre à nu ?

Place à la chanson d’amour, Athéna du chanteur Orelsan. Dans cette dernière, le chanteur met à nu sa partenaire en lui montrant à quel point il la connait dans tous ses détails, ce pourquoi il l’aime dans son entièreté. Il fait même l’éloge de ses défauts, de ses maladresses, de tous ses travers, que lui seul connaît, qui lui sont familiers et qui lui importent. L’amour, c’est aussi aimer les défauts de l’autre. Grâce à cette énumération ou plutôt cette déclaration d’amour complète, son Athéna ne peut être qu’être rassurée par les sentiments qu’il lui porte.

Dernier cas pratique :  la mini-série Samuel, d’Émilie Tronche sur Arte (disponible sur Youtube), où les adolescents partagent avec humour leurs difficultés quotidiennes, exposant leurs émotions et pensées sans filtre. Et question vulnérabilité, les enfants restent des modèles parfaits : ils aiment, pleurent et expriment leurs émotions sans retenue. Finalement, pour Younès Boucif, l’amour consiste à retrouver cette authenticité, cette spontanéité de l’enfance avec l’autre.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

Laisser un commentaire