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LNDT: @462. Épisode 4/5 : Exprimer la douleur de l’absence

Un Podcast de Radio France (12′)

Dans ce quatrième épisode, Younès Boucif s’intéresse à la souffrance que peut infliger l’absence dans l’amour, même chez le vicomte et cruel séducteur des « Liaisons dangereuses », mais aussi l’importance de prendre ce risque. Car oui, aimer nous fait grandir.

Avec

  • Younès Boucif, acteur et rappeur

Younès Boucif commence l’épisode en évoquant la chanson qui a bercé son été, Mazel Khatmi du groupe Koum Tara. C’est l’histoire d’un homme qui se sépare de sa femme. Un homme qui parle de la marque de la bague encore au doigt de son ex-femme et de la souffrance qu’il en tire. Selon le rappeur-acteur, cette « complainte acoustique » provient du cœur, c’est le cri de la douleur de l’absence que l’on peut parfois ressentir dans ce qu’on appelle… l’Amour. Car « souffrir, c’est aimer encore. »

L’acteur Younès Boucif a interprété des rôles de stand-uppeur amouraché dans la série Drôle (Netflix), ou d’un amoureux réservé dans la série Amours solitaires (FranceTV et Arte). Et il a évoqué ses relations au détour d’une poignée de punchlines de rap.

L’amour du risque

« Si les déclarations d’amour étaient anodines, on les ferait insouciamment, à droite, à gauche, à lui, à elle« , déclare Younès. Pourtant, encore selon lui, c’est le problème des nouvelles générations, qui « livrent des déclarations d’amour à tire-larigot« . Pour certains, c’est simplement un jeu, des mots très forts comme les « je t’aime » deviennent systématiques et anodins. On ne sait plus vraiment ce qu’ils signifient. Personne ne souhaite souffrir, alors, on s’y prépare dès le début de la relation. On se prépare à ce que qu’il ou qu’elle s’en aille, on se protège. Résultat ? On ne souffre pas, mais on ne ressent pas grand-chose non plus. Pourtant avoir le bonheur d’aimer, c’est un luxe incroyable. Même si le risque de souffrir est inévitable.

Souffrir, c’est aimer encore

Younès Boucif évoque une référence emblématique, celle Des Liaisons Dangereuses de Choderlos de Laclos. Le challenge du vicomte de Valmont est machiavélique. Pour essayer de se prouver que l’amour que l’amour n’existe pas, il se met en tête de séduire une femme mariée, Madame de Tourvel, une femme juste, droite, digne et pieuse. Mais ce dernier se heurte à un mur, car oui, c’est une femme de principe, de noblesse et de vertu. Sauf que contre toute attente, le vicomte finit – à force d’un certain nombre de refus –  par être véritablement séduit par Madame de Tourvel. Pourquoi ? Parce qu’elle lui résiste et que son cœur est bon. Bref, elle finit par l’émouvoir.

Au final, Valmont souffre. Oui, il est peiné à cause de son noble amour… Et c’est parce qu’il souffre vraiment qu’on comprend qu’il l’aime sincèrement. Finalement, cette dernière, qui n’était pas touchée au début, finit, elle aussi, par être émue par l’amour véritable que lui porte désormais Valmont. Elle est déstabilisée par cette réelle douleur, par cette déclaration d’amour. C’est ainsi, qu’ils réalisent l’un l’autre qu’ils s’aiment vraiment.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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