LNDT: @630. Lire, plaisir, guérir avec Philippe Lançon, journaliste et rescapé de Charlie Hebdo

Un podcast de Radio France (39′)

Blessé lors de l’attentat du 7 janvier 2015 à la rédaction de Charlie Hebdo, le journaliste Philippe Lançon, auteur du « Lambeau » évoque le rôle que la lecture, des romans policiers en particulier, a joué dans sa reconstruction. Un entretien sur la littérature comme espace de survie.

C’est sur les conseils de Philippe Lançon que Nicolas Demorand a replongé dans la lecture après une longue période de difficulté à lire. Il lui avait fait une sorte d' »ordonnance » de polars — japonais, finlandais, américains, historiques — qui a fonctionné comme un médicament. Pour Philippe Lançon, la vertu du roman policier tient à sa capacité à embarquer le lecteur dans un récit qui le sort de lui-même : « C’est peut-être cette lourdeur et cette gravité saisies par le récit qui permettent de chasser la sienne. » Le polar, dit-il, « sécrète un miel qui fait passer plus facilement l’effort » de lire quand on n’en a plus la force. Quant au plaisir, il reste pour lui la première raison de lire : « Le plaisir n’est pas stérile, il éveille l’intelligence, ouvre le champ et stimule. »

Proust, Kafka et Thomas Mann : les premiers livres après l’attentat

Depuis son lit d’hôpital, Philippe Lançon a retrouvé les livres par deux chemins. Il a d’abord demandé à ses parents de lui rapporter ses livres dans la Pléiade de Marcel Proust — « une maison que je connais bien » — et La Montagne magique de Thomas Mann, qu’il n’avait jamais lu. Puis Claire Devarrieux, sa cheffe de service à Libération, lui a apporté les Lettres à Milena de Kafka. Ces trois livres ont été, dit-il, « le camp de base » pour gravir l’Himalaya.

Parallèlement, il a continué à tenir une chronique hebdomadaire dans Charlie, racontant la vie du service de chirurgie maxillo-faciale depuis son brancard. Ce n’est que bien plus tard, encouragé par Serge July, fondateur de Libération qui lui glisse « il va falloir que tu le racontes » — puis par sa chirurgienne Chloé Bertolus, qu’il a compris qu’il était temps d’écrire Le Lambeau.

La suite est à écouter…

À propos du podcast

Par Nicolas Demorand. Après plusieurs mois d’absence, Nicolas Demorand retrouve le chemin de Radio France pour son premier podcast dans lequel il aborde sa maladie qui l’a éloigné de l’antenne.

Après plusieurs mois d’absence, Nicolas Demorand retrouve le chemin de Radio France. Le journaliste enregistre son premier podcast dans lequel il aborde sa maladie qui l’a éloigné de l’antenne.

Si besoin : c’est ainsi que le personnel médical désigne les médicaments que le patient peut prendre uniquement s’il le juge utile. C’est aussi le titre choisi par Nicolas Demorand pour son nouveau podcast sur France Inter, une invitation aux auditeurs à écouter son témoignage, s’ils en ressentent le besoin.

Atteint de bipolarité qu’il avait rendue publique en mars 2025, le journaliste fait de la sensibilisation aux maladies psychiatriques un combat personnel. Dans cette série en six épisodes, il revient sur les mois qui ont suivi son départ de l’antenne, le temps passé à l’hôpital Sainte-Anne, l’aggravation de sa maladie et son parcours, à travers son propre témoignage mais aussi des entretiens avec des professionnels de santé, des soignants et des personnes touchées par des maladies psychiatriquesSi besoin est un podcast écrit par Nicolas Demorand, réalisé par Lola Costantini, préparé par Amélie Stadelman et Mathilde Khlat et mixé par Basile Beaucaire.

Publié par

MICHEL AKRICH

Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde. Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.  L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre. Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche. Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné. Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.

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