Un podcast de Radio France (10′)
Votre cerveau est capable de prédire ce qui vous entoure. Il simule, en quelque sorte, votre monde. Pourquoi, dans la dépression, cette simulation dysfonctionne ? Comment expliquer que vous ayez une perception biaisée du monde, accentuée avec la dépression ?
Vous ne percevez pas le monde tel qu’il est réellement, mais vous en avez plutôt une vision déformée, filtrée par ce que vous vous attendez à percevoir. Vous percevez même parfois des choses qui n’existent pas, ou vous restez aveugles face à des choses qui existent, sans vous en rendre compte.
Cette manière de prédire ou de percevoir le monde qui vous entoure est au cœur du fonctionnement même de votre cerveau. Avec la dépression, cette déformation de votre perception s’accroît.
Croyances et représentations façonnent votre perception du monde
Votre perception et vos décisions sont constamment influencées par vos croyances, c’est-à-dire les représentations internes que vous avez à propos du monde qui vous entoure.
Ces croyances sont utilisées pour générer des prédictions à propos des entrées sensorielles, qui, pour votre cerveau, sont comme des hypothèses qui lui parviennent : à tout moment, une partie de vos neurones s’échine à prédire les informations visuelles, auditives, tactiles, gustatives, olfactives que vous éprouvez.
Si vous avez des croyances très fortes à propos d’un phénomène, vous pouvez le percevoir alors même qu’il ne s’est jamais produit : c’est ce mécanisme qui est à la base de l’hallucination.
Si vous croyez que votre tasse de café est chaude, vous sentirez une étrange sensation de chaleur sur votre main lorsque vous la saisirez, alors même qu’elle est glacée.
Si vous passez chaque jour devant une boulangerie d’où s’échappe un délicieux parfum de pain chaud, votre cerveau encode la probabilité que ces signaux odorifères soient transmis au bulbe olfactif à chaque fois que vous passerez devant cette boulangerie.
Publié par
MICHEL AKRICH
Je possède un parcours atypique et éclectique à forte inclinaison artistique. Aujourd’hui psychothérapeute à Avignon, la photographie est une passion qui complète parfaitement mon activité psychothérapeutique. Dans les deux cas, mes champs d’explorations sont les émotions. Tout comme pour mes patients, elles influencent ma façon d’être dans le monde et de voir le monde.
Je développe un univers visuel poétique, parfois décalé et onirique très particulier. Je suggère des expériences esthétiques et existentielles avec des images volontairement floues. Ce parti pris oriente mon regard photographique et nourrit bon nombre de mes travaux où je recherche à saisir et à transmettre une atmosphère. J’ai toujours aimé expérimenter, explorer et découvrir de nouveaux sujets que j’aborde avec la même intensité, faisant à chaque fois appel à ma sensibilité ainsi qu’à ma sincérité.
L’image est comme une écriture, mon langage intime. Il est singulier, habité par le rêve, les visions et les envies. Jamais violents, mes clichés invitent à une contemplation et à une interprétation de mon imaginaire. Il me transporte dans une ambiance où fragilité, équilibre précaire, couleurs et mouvements questionnent la relation entre le visible et l’invisible. Grâce à la présence quasiment omniprésente du flou dans mon travail c’est comme un questionnement qui apparaît puis provoque, interroge et qui s’adresse à la capacité de chacun à s’émouvoir et à se laisser surprendre.
Je produis des oeuvres abstraites parce que mon champs d’exploration est alors plus grand, mon imaginaire sans limite, voir même débridé. Détaché peu à peu de la technique, mon geste est plus assuré et spontané. J’explore et je crée à partir d’une émotion. D’ailleurs, je sais que je vais bientôt entreprendre un travail photographique quand je commence à me nourrir frénétiquement de photos, de lectures, de musées, de films. Lors de la fabrication, il faut que je perçoive que je rentre dans des zones nouvelles, que j’ai l’impression d’évoluer et surtout de ne pas me répéter dans mon activité. Regarder et montrer a toujours fait partie de ma démarche.
Enfin, mes expositions se construisent lorsque je visionne mes clichés. À partir des formes et des dominantes de couleurs, émergent des envies qui convergent vers des idées de narrations. Ce qui est important, c’est de m’écouter et alors je suis à chaque fois étonné.
Aujourd’hui, je vois en couleur, j’imagine en couleur, je rêve en couleur. Je pense la photo comme un médium dont le travail se rapproche de celui d’un peintre utilisant des pigments prononcés. Cela se traduit dans mes clichés par la présence de formes énergiques aux tons vifs. Mais pas seulement. J’expérimente de nouveaux territoires et j’explore de nouvelles parties de moi même qui m’entraînent vers un infini de possibilités créatrices, bien loin des photos imaginées lors de mon travail préparatoire et qui interroge mon rapport intime à la vie.
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